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Art Capital 2026 : seize voix, un collectif qui compte


Le retour d’Art Capital sous la verrière restaurée du Grand Palais, du 13 au 16 février 2026, a marqué bien plus qu’un simple événement institutionnel : il a consacré un collectif d’artistes affirmés issue de la Gironde et de la région Rhône-Alpes. 

Au cœur de cette édition rassemblant plus de 2 000 artistes internationaux et plusieurs milliers de visiteurs, Arts-Sciences-Lettres, représentée par sa déléguée bordelaise Sandrine Étienne, a dévoilé un ensemble cohérent, à la fois exigeant et résolument contemporain. Cette aventure humaine et artistique est née de la rencontre et de l’alchimie entre Anne-Charlotte Ménoret, vice-présidente du Salon des Indépendants, et Sandrine Étienne.

Composée de seize artistes majoritairement, tous membres et/ou diplômés de l’Académie Arts-Sciences-Lettres, cette carte blanche n’a obéit à aucune thématique imposée. Sa force résidait ailleurs : dans l’entente, la diversité assumée des pratiques et une scénographie pensée comme une mosaïque chromatique où les œuvres ont dialogué par résonances sensibles.

Une alchimie singulière

La force de ce collectif tient avant tout à une alchimie rare : celle d’artistes aux écritures singulières, réunis non par une esthétique imposée mais par une exigence partagée. 

Cette richesse de la diversité a été rendue lisible par une scénographie pensée comme un espace de dialogue. Peinture, sculpture, photographie et mosaïque s’y répondaient sans hiérarchie, portées par une entente humaine palpable et une confiance mutuelle construite. 

Cette cohésion, loin de lisser les individualités, les a amplifiés en permettant à chaque œuvre d’exister pleinement tout en contribuant à un récit commun. Celui d’une création contemporaine ancrée dans le présent, attentive au monde, au temps et à l’humain. C’est dans cette capacité à faire collectif sans renoncer à la singularité qu’a résidé, sans doute, la véritable confirmation de ce groupe au Grand Palais. 

16 singularités, un récit commun

Sandrine Étienne, à l’initiative du projet, y présentait une œuvre dense et organique, Turbulences marines, où tissu, papier et matière picturale se superposent en strates mémorielles. Son travail, nourri par la transmission et l’exploration du geste, ouvre un espace de contemplation intérieure, à la frontière du paysage et de l’émotion.

La peinture pointilliste d’Agapie déployait une vibration lumineuse singulière. Dans Cyclades, la répétition du point devient incantation visuelle, convoquant la lumière méditerranéenne dans une écriture personnelle, résolument abstraite et poétique, sans référence ni filiation revendiquée autre que celle de la sensation et du rythme.

Entre figuration et abstraction, Véronique Gravier proposait une peinture sensible, inspirée par la nature et l’art floral. Symphonie d’or et de sève traduit une quête d’harmonie chromatique où la couleur devient langage émotionnel, invitant le regardeur à trouver son propre chemin.

Le portrait féminin est au cœur du travail d’Aimère, qui explore le temps comme espace intérieur. Intemporelle suspend l’instant, mêlant collages, mots et bleus profonds, dans une œuvre introspective où le rêve devient territoire de liberté.

Avec Entre deux souffles, Caroline Blanc interroge l’impermanence à travers encres, pigments, sel et matières terrestres. Son geste, nourri par une écoute fine du vivant, fait de la surface picturale un lieu de passage, où apparaître et disparaître relèvent d’un même mouvement.

La photographie poétique de Caroline Nadia Brun saisissait l’éphémère et l’intime. Le Secret installe un dialogue silencieux entre l’enfance, la nature et la mémoire, loin du tumulte contemporain, dans une image suspendue entre rêve et réalité.

L’abstraction engagée de Guylaine Mauran, avec Renaissance, évoque la résilience et la mémoire à travers l’usage de matériaux de récupération. Son œuvre, marquée par le temps et l’enfance, rappelle aussi la fragilité de notre Terre.

La néo-pop audacieuse de Nina Bruneau apportait une énergie joyeuse et musicale. Le Guitariste, issu de la série Pop Music, mêle symboles, couleurs vibrantes et références culturelles dans une célébration de la joie de vivre et de la créativité libre.

Dans une abstraction lyrique maîtrisée, Philippe Gaury proposait Vertiges, une œuvre qui joue sur la tension entre profondeur sombre et ouverture imaginaire, invitant à dépasser l’apparente gravité du fond noir.

La peinture cosmique de Valérie Polizzano élargissait le regard. Cosmique relie l’humain à l’immensité interstellaire, interrogeant notre place dans une création qui nous dépasse, entre contemplation et humilité.

Avec Fin d’Automne, Dominique Vergnaud faisait jaillir la force de la nature par une matière sculptée et expressive. Son approche semi-figurative abstraite célèbre l’instinct, la liberté et l’énergie des saisons.

L’hyperréalisme à l’huile de Kabè (Karine Teyton), à travers Majorelle, explore le portrait comme révélateur d’émotions intenses – drame, charme, puissance – grâce à une maîtrise technique exigeante et sensible.

La mosaïque précieuse de Nadia Quine-Lemoine, La vie en rose, sublimait la matière par l’éclat des smalti vénitiens et de l’or, dans une œuvre où la lumière devient langage et émotion.

Entre paysage et architecture, Valérie Esquirol proposait une peinture lumineuse et allusive. Bleu Médina restitue la chaleur méditerranéenne par superpositions de couleurs et transparences, guidées par un dessin subtil.

La sculpture en grès de Caroline Sorez-Fache, Sérénité 3, issue de la série des Cocons, incarnait les tensions entre fragilité et force, enfermement et renaissance. Une œuvre silencieuse et profondément humaine.

Enfin, la photographie construite de Team Viaud (L’ombre d’un songe) proposait une réflexion sur la temporalité et l’identité. Par un jeu de matières et de lumière, Christophe et Jean-Michel Viaud transforment l’image en espace mental, où le réel flirte avec le rêve.

Cette présence collective à Art Capital 2026 a confirmé sa maturité et sa cohésion. Sans uniformité ni thématique imposée, le groupe a affirmé une vision contemporaine plurielle, portée par l’exigence, la sensibilité et la conviction que le dialogue entre disciplines reste l’un des moteurs essentiels de la création actuelle.