(DR) Le travail d’ Aliette Duroyon s’inscrit dans une tension constante entre beauté et inquiétude. Son œuvre représente la nature en y convoquant les fragments réels — coquillages, sable, insectes, végétaux — comme autant de présences fragiles, presque vulnérables, qui portent en elles la mémoire du vivant. Ce recours aux matériaux organiques constitue un acte profondément engagé. Il ne s’agit ni d’esthétiser la nature ni de la célébrer naïvement, mais de rappeler qu’elle est aujourd’hui menacée, altérée, exploitée. Les coquillages, récurrents dans ses installations, apparaissent comme des architectures abandonnées, des enveloppes vidées de leur habitant. Ils contiennent le temps, la mer, la lenteur du vivant. Dans des œuvres comme Déferlante ou Murmurations Océanes , ils évoquent simultanément la beauté des fonds marins et leur vulnérabilité face à l’acidification des océans, à la surpêche et à l’effondrement des écosystèmes. Suspendus, accumulés, mis en mouvement ou figés dans une...
©Jacques Kedochim Galerie Pavé d’Orsay, 48 rue de Lille , 75007 Paris — du 4 au 14 juin 2026 Dans Le miroir des solitudes urbaines , Jacques Kédochim transforme la vitre en territoire mental. Plus qu’un simple motif plastique, elle devient une membrane poreuse où se croisent des existences anonymes, des fragments de ville et des regards qui ne se rencontrent jamais tout à fait. À travers cette série de scènes urbaines baignées de tonalités chaudes — jaunes ambrés, rouges diffus, éclats orangés — le peintre construit une œuvre profondément contemporaine, suspendue entre observation documentaire et fiction intérieure. Le tableau semble d’abord saisir un instant banal : une terrasse de café, quelques silhouettes, une femme arrêtée devant une vitre. Mais très vite, le regard vacille. Reflets, transparences et superpositions brouillent la lecture immédiate. L’intérieur et l’extérieur fusionnent dans une même matière picturale, ...