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Articles

Dominique Joyeux, une forme vivante du merveilleux.

Dominique Joyeux savoure les circonstances involontaires de la création pour élaborer une œuvre aux dispositifs sériels inspirés par la théorie des ensembles.
Son geste exige la méthode mais assume le hasard et l’imprévu. L’artiste peint sur toile, bois et carton, à l’acrylique et à l’huilesous l'influence narrative d’un surréalisme revisité. On y retrouve des formes simples et géométriques : le disque, le cône, le triangle… Ces éléments en mouvement se combinent pour prendre la forme d’entités abstraites colorées, entrelacées ou autonomes « conçues comme des cellules vivantes qui se cooptent, communiquent. »
La pureté du vocabulaire plastique, renoue avec la nature originelle et participe au questionnement du cycle du vivant. « La vie m’inspire ! La naissance, la microbiologie, la vie marine, les continents, les échanges humains, les émotions… »
À la lisière du domestique et de l’inconnu, ce désir de ressentir la force des éléments et ses répercussions sur l’humanité s’inscrit peu à p…
Articles récents

Guy Delaroque, nudité abstraite

Guy Delaroque considère le corps comme principal véhicule de l’expérience picturale. Il nous installe dans l’intime en nous proposant une lecture abstraite du nu.
Il réalise ses croquis à la pierre noire, peint à l’acrylique ou l’aquarelle sur toile en se pliant aux exigences de l’éclatement du point de vue, de la simplification des volumes et de la dépersonnalisation de l’individualité. Des lignes, des courbes, des aplats en noir et blanc surgissent telles des figures transformées dans leur propre chair en champs ouverts. Ce sont de parfaites abstractions que le spectateur reste libre d’interpréter.
Ce processus de libre interprétation des réalités distinctes fabrique le trouble, la contradiction et vise le choc visuel.  « La fragmentation, la superposition du corps et de ses parties me permet de braver les interdits moraux, hypocrites et puritains actuels. » Le procédé laisse présager une ouverture, un espace du possible, un lieu de liberté poétique opposé à la rigueur classique et ac…

Claude Gazier, séquence suspendue

Edward Hopper lui a donné envie de peindre. La peinture de Claude Gazier évoque, comme celle du maître américain, le pouvoir fictionnel d’une certaine nostalgie d’un temps rêvé.
Son travail nous place dans un sentiment anachronique de romantisme qui tient d’un état de mouvement. Les sujets apparaissent, semblent flotter, dans un fluide, comme arrêtés dans des poses cinématographiques. C’est un songe d’évidence sentimental, de souvenirs que l’on oublie et qui resurgissent.
Sa contemporanéité se situe dans une virtuosité alchimique de dosage des pigments, de caséine sur silice sur panneau. « J’ai cherché une matière qui puisse traduire plastiquement le « grain » et la mobilité d’une image de film. L’usage de matériaux de maçonnerie utilisés pour les fresques murales s’est imposé par leur présence physique, comme la matérialité rugueuse des peintures de Balthus. »
La juxtaposition de points de couleurs révèle le grain et diffuse la lumière en estompant les contours visibles et en participa…

Annick Cormier, bouleversement naturel

Les travaux d’Annick Cormier nous transportent dans un monde où l’évocation abstraite de la nature provoque une émotion profonde et bouleversante. L’artiste nous montre ce qui existe sans être visible. Son inspiration naît de la contemplation du spectacle de la nature et des ressentis de sa vie, entre terre et mer. Annick passe de longs moments à observer son environnement, la beauté des océans, l’eau des mers et des rivières, La nature des campagnes, la nature des villes mais aussi les événements climatiques comme la pollution, l’inondation, les ouragans, etc. « La nature est un livre ouvert où je puise mon inspiration. Le monde est grand, la nature le décrit différemment selon les endroits. Les couleurs sont si variables, si nombreuses. » Une nature différente et même opposée s’exprime dans des espaces colorés où la superposition et la dilution des tonalités se structurent par trames. Viennent s’ajouter des lignes, des courbes et des hachures qui scandent la surface. L’artiste peint …

Gabrielle Hollensett, en transit

Avec Gabrielle Hollensett, nous sommes les passagers clandestins, spectateurs d’un transit. Au bord de l’eau, sous des latitudes flottantes, prêts à lâcher prise pour élargir nos possibilités de perception.
L’artiste fait appel à sa mémoire pour revivre des atmosphères visuelles et olfactives de sa région natale du Nord de la France. « Les rives de l'Escaut, les hauts fourneaux, l'ambiance industrielle, la dureté de la vie ouvrière, la tristesse… » Autant de territoires authentiques et de sensations marquées où réside un imaginaire nourri. Là-même où s’entrelacent le marin et l’urbain, le naturel et le bitume, entre solidité et fragilité, entre forme fixe et instabilité.
Cette déflagration des contrastes est soutenue par le regard sensible de Gabrielle. Elle revendique son attraction pour la ville, les ports, la mer qui selon elle sont des éléments foisonnants et éblouissants de « lumière, de perspective, de reflet, de rythme. » Ils sont d'autre part, une source de crainte v…

J.L Manuel, l’imagination reprend ses droits

Dans une veine surréaliste décalée, J.L Manuel laisse l’imagination reprendre ses droits afin de rejouer différemment le réel. Pour ce faire, il brouille les pistes entre l’impulsion et la distance, entre la tentative d’un récit et les appareils critiques de la dérision. L’artiste ne renie pas ses influences pour Dali, Magritte, Ernst, le précurseur fantastique Bosch ou encore d’autres artistes plus contemporains qui travaillent comme ces référents l’ambivalence du langage pictural. Dans son élan narratif, J.L Manuel fait se télescoper corps, animaux, espaces et paysages. Ces représentations éparses constituent un champ de signes riches qui nous fait douter de ce que l’on regarde. Du surgissement de l’image à la dissolution de son interprétation, la réalité construite est remise en cause avec une certaine cocasserie. Une montgolfière météorite, des saxophonistes aliens aux seins nus, d’autres éléphants, rhinocéros, chimpanzés, et chauve-souris sont autant de représentations fourmillant…

Rimvydas Pupelis, le chaos du destin

 Il peint à l’huile et à l’acrylique sous le pseudo Muta. Une première pensée dicte son esquisse puis il fractionne et décontextualise pour proposer une véritable remise en cause de toute idée vraisemblance et de proportion.
“Il m’arrive parfois de laisser libre cours à l’expression que j’appelle le chaos du destin.” Dans son agencement bouleversé, il trace les lignes, les courbes, pose les limites, créé son propre ordre. Il fait l’inventaire des errances, des hasards. Une manière de dompter la fuite et la persistance de l’inconnu qui s’appuie pourtant sur le réel. Car Rimvydas Pupelistravaille d’après des modèles vivants.
« Les modèles enrichissent mon travail en formes et en couleurs, ce ne sont jamais les mêmes. A chaque fois ensevelis d’une lumière différente, ils donnent une multitude des nuances pour comprendre ce qu’est un homme et une femme. » La lumière devient matrice de la représentation qui absorbe le réel dans la fragmentation et l’informe. Dans la composition, l’enfouisseme…