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“Y A QU’À…”, se laisser éblouir par Mourka

A la fois médium et inspiration, la lumière est la source de son acte créatif. De l’obscurité à l’éblouissement, Mourka préserve sa fascination pour le visible et l’invisible. « La plupart du temps mes projets naissent d'un rêve nocturne ou éveillé, d'une fulgurance ou d'une association d'idées. »   Soirées de réception, festivals, concours, appels d'offre… Le projet peut être pour une ville ou un événement privé mais ce qui l’anime avant tout c’est le plaisir de l’expérimentation, la création de phénomènes. Mourka jongle avec le détournement et l’inattendu pour mettre en scène des présences éclairées et singulières.   Il est question d’échelle, de densité et de transparence. Chaque installation est une nouvelle expérimentation. L’artiste révèle un éventail des possibles et nous place tantôt dans une désorientation sensorielle tantôt dans la reconnaissance et l’identification de formes. Elle privilégie les courbes aux lignes droites, pour leur douceur et
Articles récents

Adèle Bessy, épopées humaines

Son geste débridé, expressionniste comme la trace d’un corps et d’un esprit libre, évoque la zone d’une humanité débordante. Rarement on trouvera dans les peintures d’Adèle Bessy une ligne de fuite, une perspective mais plutôt l’affrontement, la superposition, la confrontation de l’explosion du trait.   Ses travaux sont des accumulations de scénettes qui se renvoient les unes aux autres.   Elles assemblent des figures contrastées issues de la bibliothèque de son imaginaire, évoquant les monstruosités de la vie, voire une certaine conception du divin. La civilisation médiévale semble avoir trouvé chez elle une interprète atypique. « J'aime cette période, notamment les riches heures du Duc de Berry et tous les contes et légendes que j'ai lues et dont j'ai dû être imprégnée très tôt par toutes ces illustrations fantastiques où l'imagination est galopante. »   Devant ses œuvres, on pense aux hommes-créatures des Primitifs flamands, Albrecht Dürer, Martin Schongauer

Anne Authier, de la mer à l’univers

Chez Anne Authier, la nature devient cosmique. Les abysses de la terre comme les corps célestes se fragmentent et s’amplifient sous de nouveaux espaces.   Ses ultimes séries « Nébuleuses » et « Fonds marins » sont réalisées à l’acrylique par strates successives au couteau.   L’artiste peint et gratte par aplats, en superposant les couleurs. Les tons dégradés d’une palette vive s’agencent pour créer des éléments abstraits, autonomes. Ces formes subconscientes, créatrices de la raison intuitive, sont de véritables accidents de surfaces qui guident son geste.   « Je pars souvent d’un thème concret et je m’en éloigne par une approche abstraite. Mon inspiration première est la combinaison des couleurs et la lumière que je peux en tirer. » La peintre travaille la lumière pour transformer l’espace. Par jeu de réflexion, les couleurs se mêlent et achèvent de bouleverser l’ensemble. Cette captation lumineuse travaillée sur la répartition des couleurs génère un véritable équilibre. Le

Yannick Ollitrault, mondes vibratoires

« Déstructurer le réel c’est offrir la possibilité de faire venir un essentiel caché. C’est affirmer l’existence d’un tout vibratoire qui nous lie. »   Yannick Ollitrault fragmente la réalité et lui donne d’inédites suggestions. Son procédé est un savant équilibre d’aller-retour entre le tangible et sa transformation imaginaire, entre l’indispensable aléatoire et la maîtrise technique de la peinture. En utilisant les propriétés de l’accident pour en révéler l’éventail des possibles, il applique des couches de glacis colorées transparentes, juxtapose par aplats et effets de flochetage formes et couleurs qui apparaissent comme des traces mémorielles successives. Ses touches aux teintes magnétiques et aux reflets translucides lient des correspondances entre construction et déstructuration.   « Il arrive que l’idée initiale perde en présence au profit d’une évidence encore cachée, esquissée en tant que témoin. » D es bâtisses et des arbres perchés sur une falaise, des visages qu

Les vies habitées de Jean-Paul Debout

Il y a dans ses travaux un répertoire hétérogène de sujets, des représentations figurées qui surgissent libres avec panache. Des ambiances du monde d’avant rythmées par le jazz et la frénésie new-yorkaises, des bars, et maintenant des personnages plus que masqués sous des scaphandres, évoquant le monde séquestré par la pandémie que nous vivons.   Le plus souvent isolées, comme suspendues dans un espace indéfini, les scènes balayent du plus abstrait au vraiment explicite, du suggéré au plus nommé. Cette relation entre le fond et la forme révèle la relation ambivalente entre le souvenir d’instants personnels vécus de l’artiste et ceux de l’imaginaire collectif. Réalité sociale et condition humaine sont des inspirations récurrentes que le peintre s’approprie en fragmentant, déconstruisant, associant et ouvrant les combinaisons de l’espace urbain. Ce procédé provoque des rencontres aléatoires qui font toutes sens. La circulation narrative prend ainsi plusieurs directions sur toute la

Patrick Bigeon, à la recherche du détail

Il flotte aves ses attaches et revisite les paysages et l'architecture de sa région. Son désir de peindre est lié à l’envie de restituer l’environnement normand qui l’entoure baigné par une lumière bleue marine.   Patrick Bigeon est né à Cherbourg. Immergé dans un milieu familier, rempli de repères, il travaille avec une connaissance intime des lieux dans lesquels il s’inscrit. « L'architecture Normande est faite de perspectives mises en relief par les colombages qui, malgré leurs couleurs souvent sombres, donnent un effet de paysages joyeux avec des contes chargés d'histoires. Quant aux paysages marins, ils sont mon histoire (...) Je sens les embruns, et l'iode. Je ferme les yeux et je suis dans mon tableau. »   L’artiste explore sans bouleverser, s’introduit sans se perdre. Il observe, sillonne et recréer l’univers de la mer et des villes sous des latitudes poétiques avec une intention parfaitement identifiable. Ses travaux diffusent un climat, un repos,

Claude Lessard, de l’entité absolue à la perception de l’intime

  « J’envisage mes œuvres comme des ouvertures donnant accès à la perception d’autres mondes. » Dans l’univers de Claude Lessard , l’équilibre des forces se revisite et nous projette autant dans le recueillement que dans l’ouverture de perspectives. « La relation entre l’infiniment grand et l’infiniment petit est un principe alchimique établi. Nous évoluons entre les deux, et le regard abyssal que nous y jetons, nous permet d’avoir accès à notre puits intérieur. » Le peintre nous invite à la redécouverte de soi et à l’introspection spirituelle en sollicitant une réaction, un face à face avec soi-même. Du dehors vers le dedans, de l'intérieur vers l'extérieur, son travail porte un soin particulier à l’abolition des frontières picturales.   De l’entité absolue à la perception de l’intime, les heurts du cosmos comme du monde des particules coexistent sur ses toiles dans un va-et-vient. « L’organique est cosmique ; les atomes des molécules de nos êtres sont à l’image des