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Olivier Desauw, de l’intemporel à l’universel

  Il manie l’acier brut avec une puissance maîtrisée. Entre figuration et abstraction, ses pièces uniques sont des créations parfaitement identifiables qui n’empruntent aucun autre terrain esthétique.   Olivier Desauw sculpte l’acier fin à froid ; des feuilles de 2 mm qu’il découpe au préalable et scie avant de coller des sillons derrière le support. L’équilibre s’installe entre les pleins et les vides, entre force et fragilité.   Le sculpteur utilise parfois la couleur pour exprimer un sentiment plus féérique en peignant et en vernissant l’acier.     Ses œuvres sont totémiques, laissant apparaître les plans supérieurs et inférieurs sous une multiplicité d’angles. Un jeu de lumières aux reflets changeants,   se dessinent sur l’acier sous une transparence insoupçonnée. Des formes concrètes, des ombres portées apparaissent et se projettent sur les plans verticaux et horizontaux, entraînant également certains bruits lors de la création. « Au maillet ou au mar
Articles récents

Pascal Thébault soulève l’imagination

  Mariage n°1- acrylique sur carton 120 x 80 cm. De la mer à la terre, ces différentes séries sont des étapes qui s’imposent d’elles-mêmes dans sa recherche de liberté et d’appréhension du réel.   Cet amoureux de la nature redonne à l’environnement son relief et ses particularités, de la surface des océans à la profondeur des champs et des forêts. Chaque toile est un surgissement d’une part de merveilleux, une véritable expérience au cœur du paysage. La perspective n’est pas appréhendée dans son entièreté, mais présentée comme un fragment isolé d’un ensemble plus vaste où chaque élément défend une symbolique.   Lorsqu’il peint la mer, la charge poétique se construit, on ressent la puissance du vent, les changements du ciel, le renouvellement continu des vagues qui évoquent en ce sens la force de l’eau. « C’est un appel vers l’horizon infini et une fascination pour le mouvement incessant de la mer et du ciel breton. »   Les fleurs font résonner un encha

Emily Helstroffer, révèle le sens caché

  Emily Helstroffer revendique la force imageante du portrait en questionnant l’identité féminine à travers des portraits singuliers.                                                                                                   Happée par l’expression de chaque personnage qu’elle peint, Emily travaille sans modèle et fait appel à son imaginaire. Elle magnifie le portrait en sublimant ce qui se dérobe sous nos yeux ; un regard, un détail du visage, du corps. Autant de présences et de signes qui s’effacent et que l’on doit décrypter avant la disparition. L'artiste souhaite privilégier l’émotion à la restitution exacte de la figure et de son identité. Elle renforce ainsi la dualité choisie entre figuration et abstraction.   Elle utilise l’acrylique, l’huile ou l’encre de Chine, parfois des matériaux de récupération, comme le bois, les feuilles, les cartons, les papiers, du sable etc. Elle juxtapose également les tonalités. C’est d’ailleurs dans cette relation à la couleu

Marina Cartiant, « Invasion »

    L’artiste imagine une projection utopique issue d’un scénario catastrophe causé par le réchauffement climatique. Cette installation « Invasion » met en se scène un coquillage géant propulsé par les fonds marins dans lequel les hommes trouvent refuge. « Après une catastrophe naturelle générée par l’homme, le niveau des océans a englouti les territoires. Les éruptions sous-marines ont expulsé des coquillages géants. Les humains les utilisent comme habitats flottants sur l’eau où d’autres coquillages se sont accrochés. » L’installation présente au sol un coquillage (176 x 40 x 60 cm) entouré par un demi-cercle (170 x 20 x 30 cm) constitué d’une roche sur laquelle s’incrustent du sable, de l’argile et des coquillages. Autour, un tapis de petits miroirs donne une impression d’eau. D’autres éléments phosphorescents renforcent la lumière. Cette architecture poétique de la mer est une nouvelle empreinte naturelle et délicate, du commun et de l’inconnu, du permane

Fabienne Sanner, une poétique de l’apesanteur

  "Et ces gens ont-ils touché terre ou ciel ?" Jules Supervielle. Elle sculpte la fuite des corps comme un espace de liberté. Elle donne à voir des présences profondément humaines qui assument leur force poétique.     Ses compositions sont envisagées en mutation. Des figures se déploient comme une histoire. Elles évoluent selon des lignes définies, semblant prendre un élan pour se déployer toujours de façon chorégraphiée. Ce sont des hommes, des femmes, des enfants, des anges… Des figures spectrales et majestueuses, annonciatrices d’une nouvelle ère. Pour chaque pièce, un espace de liberté se construit avec poésie.   Les lignes de fuites se discernent comme des itinéraires énigmatiques qui indiquent la direction d’un ailleurs. Les possibilités d’échappatoire sont accentuées par le geste de l’artiste, toujours en mouvement.   Fabienne Sanner travaille la technique de la cire perdue pour transformer ses pièces en bronze. Elle transforme l’argile,

Emmanuèle Duclot-Haillot, à la limite de l’évanescence

  Le retour à la source, 2021, encre de Chine sur papier Japon, 48 x 38 cm Ses Dessins d’humains  suivent la pratique du modèle vivant. Emmanuèle Duclot-Haillot a recours au processus de libre interprétation des réalités des corps, en tant que lieux de métamorphoses.   Elle libère la ligne et l’existence du sujet en attribuant une place importante au vide. Ceci lui permet de se concentrer sur le motif principal : le corps. Dessiner se vit pour lors comme une introspection où l e transfert s’opère, où l’assimilation du Modèle procède de l’autoportrait. Elle affectionne la souplesse, la légèreté , la fragilité et le plaisir tactile du papier qui lui permet aussi découpes et collage s. Au fusain, à l’encre de chine, à l’aquarelle , l ’acrylique, elle laisse exprimer ses crayons et ses pinceaux dans une gestuelle mouvante, jamais figé e.   Dans un mouvement constant, l’énergie de son geste se maintient à la limite de l’évanescence. Cette inten

Serge Tenèze, la condition des réminiscences

Lumières noires, sillons, 30 x 30 cm   Par un langage abstrait, Serge Tenèze interroge les apories et les béances de notre mémoire. Ses œuvres sont des recompositions fécondes de traces remémorées.   Il questionne les oublis, les trous noirs frappés d’une involontaire amnésie, les événements, et la manière dont ils se transmettent au fur et à mesure de leur éloignement irréversible dans le passé. « Quand elle a trait à des événements lointains, la mémoire est une suite de sensations furtives, plus difficile à traduire. On s’aperçoit d’ailleurs qu’elle ne diffuse plus que des images diluées, délitées, floutées, voire un nappage informe et diffus... »   Le peintre veut montrer sous quelle condition la rémanence devient visible. Un lieu, un corps, un moment, un état, une anecdote… Sont autant de terrains d’expressions, empilés et enfouis, qui entrent petit à petit en résonance sur sa toile. Suivant les différentes séries, un souvenir vivace ou fugace, net ou flou, se recompos