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Yona Zaffran, la célébration du beau et de l’éphémère

  Sans titre 2, 2020 10 x 12 x 12 cm. Ses dessins et ses sculptures révèlent la beauté et la fragilité qui se cachent dans les multiples combinaisons possibles du monde, qu’il soit minéral ou vivant. Dans un processus organique et mental, elle conçoit des œuvres témoins d’un environnement à préserver.   «  Mon travail est une tentative d’émouvoir sur la fragilité du monde qui nous a été prêté, vers une prise de conscience. »   Yona connaît la complexité des processus vitaux. Auparavant, elle était chercheuse en biologie. « J’ai touché à l’invisible, au minuscule, appréhendé l’unité du vivant à l’échelle cellulaire, et sa sérialité, son architecture au niveau tissulaire. » Aujourd’hui, elle s’éloigne de la science et se rapproche de la nature pour apporter une vision transformée du modèle vivant. Ses œuvres sont un lieu de relecture de l’environnement, moins lié à sa compréhension mais plus à l’émotion et au ressenti.   L’artiste ne s
Articles récents

Alain Vuillemet, l’imprévisibilité de la matière

  Dans chacune de ses sculptures compactées, son geste débridé, expressionniste témoigne de son esprit libre. Ses pièces en inox, d’une force coercitive, semblent avoir été percutées, attaquées par la trajectoire, comme une somme d’empreintes de la déviance. C’est une ouverture de perspectives, un espace du possible opposé à la rigueur géométrique et contraignante, un moyen de déstabiliser l’espace et les angles droits. Conjuguant forme, volume et masse, elles réunissent un mélange de gravité et d’apesanteur cherchant à les figer dans un état d’attente dynamique, au moment où le matériau pourrait se disloquer, où une image pourrait exister dans une sorte de rêve. Car les œuvres accentuent l’onirisme plutôt que les jeux de codes et de références. Il ne faut pas rechercher les origines du travail d’ Alain Vuillemet dans l’histoire de la sculpture, mais dans quelque chose de plus intérieur. Chaque sculpture habite sa vie propre et laisse l’opportunité de surprendre. Chacune qu

Yves Grandjean, l’obscur devient clair

  Avec cette nouvelle série intitulée Charbon ardent , l’artiste poursuit son exploration du corps en mouvement qu’il dépouille en toute liberté vers une sublime économie de l’essentiel.   « Cette série exprime ma passion incandescente pour la technique du charbon de bois, cet outil obtenu par carbonisation d’une branche en vase clos. » Sans esquisses préparatoires, l’artiste travaille essentiellement d’après modèles vivants. Seulement certaines séries de visages sont issues de son imaginaire. Sa pratique intervient sans repentir, ni estompage.   Il extrait le caractère, la tension du corps. Attentif au moment, à l’affût de l’instant où le corps apparaît sous une certaine contorsion. L’épine dorsale des figures s’inscrit dans la poursuite d’une trajectoire puissamment structurée où les angles sont parfois obtus, montrant la spatialité des formes. Yves Grandjean est également sculpteur.   Sur le papier, sa passion pour le trait s’exprime par une simplicité de moyens, une

Anne Tostivint, les chimères d’une nouvelle ère

Fascinée par les mythes et les légendes, elle se nourrit d’histoires ancestrales et de souvenirs d’enfance. Anne Tostivint utilise le dessin pour apprivoiser ses peurs qu’elle transforme en mobile sur papier découpé. A l’aide du crayon, du crayon de couleur, de l’encre de chine, du pastel, de la suie, de l’aquarelle ou encore du stylo bille, elle fabrique des pantins et d’autres poupées fétiches aux corps hybrides. Ces créatures à l’étrangeté tangible font se télescoper l’humain, l’animal, le sauvage et le végétal. Aussi loufoques qu’inquiétantes, entre féerie et cauchemar, ces représentations symboliques sont de pures fantasmagories en période de métamorphose. Les figures jouent dans l’espace avec les oxymores de l’équilibre et du déséquilibre, oscillant de l’allégresse à la tristesse, de l’apparition à la disparition, de la fixité au mouvement, jusqu’au vertige de la légèreté et de la pesanteur. Habiter un territoire ou le déplacement s'exprime de façon circulaire.  « C’est la pr

Les combinaisons protéiformes de Raslain

À l’intérieur de son dispositif, la marge de liberté est grande. S’il peint à l’acrylique et à l’huile sur toile, Raslain est aussi un artiste des arts visuels.     « Je mets à profit mes formations en photographie, vidéo et art numérique pour varier les supports de création. »   Inspiré par l’univers urbain et Paris en particulier, Raslain témoigne de la ville et de ses mystères, reconstitués par filtres, mêlant le réel à l’irréel. Les silhouettes des passants, en mouvement, deviennent spectrales. Dans cet espace indéterminé, l’expérience est onirique, hypnotique. Elle se parcourt à la lecture de mutations visuelles par graduation.     Le peintre travaille par superpositions de plans, insère la couleur, équilibre les masses, ajoute, morcelle, superpose, laissant les strates s’accumuler, se combiner. Le motif lutte avec la figuration et la ligne claire en creusant le réel vers sa déconstruction. « Ma peinture est imprégnée par ces formes magiques, cubiques et métalliques

Sous l’élan et l’impulsion de Didier Merlin

  Chacune de ses œuvres est une création automatique qui s’apparente à un rêve fiévreux. Un fragment, une pièce isolée d'un ensemble dont la composition se décrypte sans se prêter au jeu de la cohérence. L’artiste fabrique un contexte, un réseau d’idées picturales indépendantes qui font sens ensemble. « Je ne souhaite pas porter de messages mais juste une émotion, une fuite à rêver. »   On retrouve pêle-mêle Tintin, un astronaute, des business women pressées, des migrants, des fourmis, des chiens, des masques et d’autres nains de jardin qui gravitent au sein de projections personnelles, semblant jaillir de l’esprit de l’artiste par profusion. Didier Merlin a passé son enfance en Afrique et sa jeunesse en Suisse. Son discours narratif naît parfois d’une image issue de l’actualité ou parfois de ses propres souvenirs. Il fait apparaître les injustices en filigranes sous une tonalité éloignée de la gravité, quelquefois de façon amusée. « Lorsqu’un fait m’interpelle, une image,

Alain Vuillemet, un voyage à grande échelle

 Ses sculptures monumentales s’inspirent de la Science-fiction, de l’espace. Elles nous propulsent vers un voyage à grande échelle au cœur de la matière pour observer ses potentielles mutations. Les pièces d’ Alain Vuillemet semblent combattre l’inertie et se lisent dans un mouvement, un froissement de matière ; l’inox. « L’inox est un matériau pérenne, important pour des pièces monumentales d’extérieur, et pour ses capacités de jeu avec l’environnement. » La question de l’équilibre et la répartition physique des masses se pose dans la démarche de l’artiste. A la chaudronnerie, s’ajoute la technique des métaux en feuille, la découpe, la soudure, le polissage. Les reprises sont travaillées, les soudures effacées pour contribuer à une présence lissée, massive, synthétisée, épurée. Les sculptures possèdent une valeur abstraite volontaire avec des indices de mutation. Elles se transforment dans un rythme en mouvement, comme une forme organique qui ne saurait opter pour une direction préci