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Articles

Emmanuèle Duclot-Haillot, à la limite de l’évanescence

  Le retour à la source, 2021, encre de Chine sur papier Japon, 48 x 38 cm Ses Dessins d’humains  suivent la pratique du modèle vivant. Emmanuèle Duclot-Haillot a recours au processus de libre interprétation des réalités des corps, en tant que lieux de métamorphoses.   Elle libère la ligne et l’existence du sujet en attribuant une place importante au vide. Ceci lui permet de se concentrer sur le motif principal : le corps. Dessiner se vit pour lors comme une introspection où l e transfert s’opère, où l’assimilation du Modèle procède de l’autoportrait. Elle affectionne la souplesse, la légèreté , la fragilité et le plaisir tactile du papier qui lui permet aussi découpes et collage s. Au fusain, à l’encre de chine, à l’aquarelle , l ’acrylique, elle laisse exprimer ses crayons et ses pinceaux dans une gestuelle mouvante, jamais figé e.   Dans un mouvement constant, l’énergie de son geste se maintient à la limite de l’évanescence. Cette inten
Articles récents

Serge Tenèze, la condition des réminiscences

Lumières noires, sillons, 30 x 30 cm   Par un langage abstrait, Serge Tenèze interroge les apories et les béances de notre mémoire. Ses œuvres sont des recompositions fécondes de traces remémorées.   Il questionne les oublis, les trous noirs frappés d’une involontaire amnésie, les événements, et la manière dont ils se transmettent au fur et à mesure de leur éloignement irréversible dans le passé. « Quand elle a trait à des événements lointains, la mémoire est une suite de sensations furtives, plus difficile à traduire. On s’aperçoit d’ailleurs qu’elle ne diffuse plus que des images diluées, délitées, floutées, voire un nappage informe et diffus... »   Le peintre veut montrer sous quelle condition la rémanence devient visible. Un lieu, un corps, un moment, un état, une anecdote… Sont autant de terrains d’expressions, empilés et enfouis, qui entrent petit à petit en résonance sur sa toile. Suivant les différentes séries, un souvenir vivace ou fugace, net ou flou, se recompos

Le monde fantasmagorique de Ka Ti

  Cernunnos, 2021, papier mâché, pâte synthétique, ficelle, poupée,  dentelle, peinte à l'acrylique,  40 x 27 cm Ka Ti est une artiste onirique. Ses œuvres sont des attrape-rêves qui capturent des chimères extravagantes tout droit issues de son imaginaire.   D’une inventivité extraordinaire, ses créations sondent les profondeurs de l’âme. Elles utilisent le sombre pour déployer le merveilleux. C’est un univers où le rêve se dispute au cauchemar. Sa géographie mentale nous plonge aux racines de l’inconscient, dans un monde fantasmagorique où les êtres et les choses prennent un aspect imprévu et insolite. La-même où le mystère de l’être fait surgir les émotions les plus enfouies.   Tout se bouscule dans ses créations : l’organique, le végétal, l’animal, l’humain… C'est un voyage fabuleux où des chimères au crâne rasé côtoient des poissons dentés. Bizarres, gros, petits, grands, mi-hommes, mi-femmes, mi-autres, l’artiste propose un hommage à la d

Constance de Maistre, éprouver les contours de la situation

      De retour, 2020, encre sur papier, 110 x 75 cm. Constance de Maistre questionne les oublis. Elle construit son processus pour retrouver les traces mémorielles d’un paysage, vivace ou fugace, vaporeux voire complètement effacé.   Laissées à l’état d’énigme, ses œuvres sont des terrains d’apparitions de récits abstraits, peints le plus souvent à l’acrylique ou à l’encre et collés sur toile ou sur papier à l’aide de petits papiers reliés à son histoire personnelle. Là où se construit un univers fantasmé de strates, des aplats de matières et de couleurs s’imbriquent, se superposent et laissent jaillir au pastel le trait puis l’écriture comme une fulgurance.   L’agencement invite le regard à errer librement. Les possibilités de dire, de survie, de rêve, empilées et enfouies, entrent petit à petit en résonance comme des souvenirs. « J’aime l’idée de ne pas tout dire. S’abstraire c’est quitter le réel, créer son univers, c’est le plaisir d’observer tout ce que l

Yona Zaffran, la célébration du beau et de l’éphémère

  Sans titre 2, 2020 10 x 12 x 12 cm. Ses dessins et ses sculptures révèlent la beauté et la fragilité qui se cachent dans les multiples combinaisons possibles du monde, qu’il soit minéral ou vivant. Dans un processus organique et mental, elle conçoit des œuvres témoins d’un environnement à préserver.   «  Mon travail est une tentative d’émouvoir sur la fragilité du monde qui nous a été prêté, vers une prise de conscience. »   Yona connaît la complexité des processus vitaux. Auparavant, elle était chercheuse en biologie. « J’ai touché à l’invisible, au minuscule, appréhendé l’unité du vivant à l’échelle cellulaire, et sa sérialité, son architecture au niveau tissulaire. » Aujourd’hui, elle s’éloigne de la science et se rapproche de la nature pour apporter une vision transformée du modèle vivant. Ses œuvres sont un lieu de relecture de l’environnement, moins lié à sa compréhension mais plus à l’émotion et au ressenti.   L’artiste ne s

Alain Vuillemet, l’imprévisibilité de la matière

  Dans chacune de ses sculptures compactées, son geste débridé, expressionniste témoigne de son esprit libre. Ses pièces en inox, d’une force coercitive, semblent avoir été percutées, attaquées par la trajectoire, comme une somme d’empreintes de la déviance. C’est une ouverture de perspectives, un espace du possible opposé à la rigueur géométrique et contraignante, un moyen de déstabiliser l’espace et les angles droits. Conjuguant forme, volume et masse, elles réunissent un mélange de gravité et d’apesanteur cherchant à les figer dans un état d’attente dynamique, au moment où le matériau pourrait se disloquer, où une image pourrait exister dans une sorte de rêve. Car les œuvres accentuent l’onirisme plutôt que les jeux de codes et de références. Il ne faut pas rechercher les origines du travail d’ Alain Vuillemet dans l’histoire de la sculpture, mais dans quelque chose de plus intérieur. Chaque sculpture habite sa vie propre et laisse l’opportunité de surprendre. Chacune qu

Yves Grandjean, l’obscur devient clair

  Avec cette nouvelle série intitulée Charbon ardent , l’artiste poursuit son exploration du corps en mouvement qu’il dépouille en toute liberté vers une sublime économie de l’essentiel.   « Cette série exprime ma passion incandescente pour la technique du charbon de bois, cet outil obtenu par carbonisation d’une branche en vase clos. » Sans esquisses préparatoires, l’artiste travaille essentiellement d’après modèles vivants. Seulement certaines séries de visages sont issues de son imaginaire. Sa pratique intervient sans repentir, ni estompage.   Il extrait le caractère, la tension du corps. Attentif au moment, à l’affût de l’instant où le corps apparaît sous une certaine contorsion. L’épine dorsale des figures s’inscrit dans la poursuite d’une trajectoire puissamment structurée où les angles sont parfois obtus, montrant la spatialité des formes. Yves Grandjean est également sculpteur.   Sur le papier, sa passion pour le trait s’exprime par une simplicité de moyens, une