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Joëlle Darmon, préserver le merveilleux

Son intention stimule l’imaginaire, fait naître chez le spectateur l'envie de voyager au cœur de paysages sans frontières, à la rencontre d’hommes et d’animaux… Un monde réjouissant qu’elle nous invite à préserver.    Son geste exige la méthode mais assume le hasard et l’imprévu. L’artiste travaille les techniques mixtes pour plus de liberté dans sa pratique. Acrylique, pigments, encres, peintures à effets tels que le vitrail et la céramique, modeling paste, mortiers, collage, résine, argile, sable, poudre de quartz, gels, feuilles d'or, d'argent et de cuivre se mélangent sur la toile. A l'aide de spalters, de couteaux, de brosses et de pinceaux, et dans un mouvement perpétuel, lorsque le trait n’est pas figuré, la forme d’entités abstraites colorées, entrelacées ou autonomes se combinent pour prendre la densité, le relief et la transparence recherchés. La toile se construit par superpositions de couches laissant délibérément l’inattendu opérer sur la surface. «
Articles récents

Monique Wender revisite les perspectives

Ses photographies deviennent des peintures donnant sens à une atmosphère singulière, ultra-réaliste. Sous un cadrage fasciné, l’espace de la perception s’étire et se condense vers des détails percutants.   Elle peint à l’huile sur toile. Son travail est issu de ses photos numériques qu’elle transforme à l’écran en panoramique. Sous une vision continue, tout le paysage qui s’offre à elle est restitué, lui permettant de revisiter les perspectives, les formes et les couleurs. « Je veux qu'on ressente la photographie dans ma peinture. Le réalisme photographique associé à la transposition des couleurs, le travail sur l'image avec l'ordinateur sont pour moi une manière de rendre compte de notre époque. »   Comme au cinéma, la scène capturée est envisagée tel un plan séquence étiré ; un fragment appréhendé dans son entièreté, une pièce isolée d'un ensemble vaste. De la composition à la couleur, tout est question d’équilibre. Un jeu de lignes de force et de fuite en par

Marianne Le Vexier, vers un ailleurs

Elle insuffle à ses compositions onirisme et symbolisme. Chaque toile délivre un message, un morceau de rêve que chacun pourra ressentir comme une vibration personnelle.   La narration occupe une place dominante dans son œuvre où différents niveaux de récits s’entrechoquent. L’artiste écrit et dessine tous les matins. Ses arguments prolifiques se laissent réapproprier par son inconscient, par sa capacité presque magique de projection. C’est une porte d’accès vers une étrangeté non cloisonnée, celle d’un rêve éveillé. « Je rêve énormément, je me souviens de mes rêves, et je les écris. Mes rêves nourrissent mon travail. »    La composition est envisagée en mutation. Des figures évoluent sous des lignes déformées, semblant prendre un élan pour se déployer toujours de façon chorégraphiée. Ce sont des loups, des mains, des maisons, des poissons ou encore des personnages ailés. « Ils font partie d’un jeu de construction. Les ailes évoquent la liberté, elles laissent venir l’ina

Olivier Messas, en toute liberté

Sous une accumulation de traces, de paysages balayés, de personnages transformés, Olivier Messas s‘inspire du réel pour le fragmenter dans une dualité permanente entre figuration et abstraction.   En travaillant plus de dix heures par jour à son atelier, il confirme son hyperactivité et sa recherche plastique infatigable. Du tracé le plus fin au geste le plus ample, ses compositions naissent de procédés techniques distincts provoquant systématiquement la différence.     «  Explorer tous les horizons, toutes les pistes de la création et surtout ouvrir toutes les portes de mon imaginaire à la recherche d’un équilibre salvateur, c’est pour moi un challenge personnel. » L’artiste peut utiliser les huiles en couches très épaisses, l’acrylique pour jouer sur la superposition des couleurs ou encore une technique mixte alliant sable, mortier, papier de soie et parfois de vieux journaux. Quant à ses sculptures, le matériau final est principalement le bronze. Selon le procédé, les esp

Jacques Kédochim, la traversée des mondes

Dans un équilibre singulier d’apparitions et de disparitions, il peint la ville et ses mystères, ses vitrines chatoyantes, les passants interrogeant leurs désirs, la solitude.   Entre réel et irréel, les univers urbains de Jacques Kédochim provoquent le sentiment troublant de déjà-vu ; cette sensation d'avoir déjà vécu la situation peinte. Passages cloutés, baies vitrées, lampadaires… Comme le souvenir d’une vie antérieure, on croit tout reconnaître de ce paysage reconstitué par filtres superposés où les silhouettes en mouvement deviennent fantomatiques, où le connu se transforme en inconnu.   Une vision poétique et onirique de la ville apparaît. Dans cet espace de liberté, une expérience hypnotique nous invite à traverser un parcours urbain hors-normes qui se recompose. Le décor est chaleureux mais c’est l’individualité grandissante qui est soulignée. « La ville est le lieu où la solitude humaine est la plus criante et pourtant la plus souvent ignorée. Les passants, sûr

Sous les yeux grands ouverts de Stéphanie Le Pitre

Son univers enchanté réunit des détails, des zones et des correspondances joyeuses et poétiques qui témoignent du parcours intérieur de l’artiste.   Elle peint la vie, les gens, les animaux et la nature. Zèbre, vache, girafe, cochon, chouette, poisson et oiseau exotique côtoient des personnages aux yeux écarquillés qui cultivent chacun un potentiel de fable.   «  J’ai plaisir à mêler tout ce petit monde dans mes toiles. J’y glisse une pointe d’humour, une once de poésie et une bonne dose de joie de vivre que je souhaite faire partager. »   Réalisés dans un effort figuratif, a vec précision et minutie, l’artiste peint à l’acrylique en travaillant par couches successives et par petites touches selon l’effet recherché. La facture séduisante et colorée ouvre un champ de tonalités rayonnantes. Dans ce paradis habillé de chaleur, la couleur est au cœur de l’argument. Cette palette chatoyante transmet une peinture vivante et animée.   Les touches radieuses prennent vie selon un

Marion Ancelme, Là-bas une traversée humaine.

Là-bas est une installation globale réunissant cinq modules qui évoquent l’exil d’individus. « Il ne s’agit pas d’un voyage pour le plaisir mais d’un voyage contraint, subi et forcé pour pouvoir continuer à exister. »    Plus encore que le voyage, ce travail traite du déplacement, de territoire en territoire, de la perte d’identité, des privations de liberté mais aussi de l’élévation des valeurs humaines qui rythment le devenir et l’espoir. « Il a débuté dès 2014, année où nous avons été confrontés de façon massive et récurrente à tous les drames qui se déroulaient dans la mer Méditerranée, avec le passage des migrants et le nombre stupéfiant de morts suite aux naufrages de ces petites embarcations de fortune. »   En 2015, lors d’une résidence d’artiste en République tchèque, Marion Ancelme saisit des atmosphères, des détails intimes singuliers et se nourrit de la perte des repères que la vie peut lui procurer ailleurs. Elle créée alors le premier être hybride en argile p