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Olivier Messas, en toute liberté

Sous une accumulation de traces, de paysages balayés, de personnages transformés, Olivier Messas s‘inspire du réel pour le fragmenter dans une dualité permanente entre figuration et abstraction.   En travaillant plus de dix heures par jour à son atelier, il confirme son hyperactivité et sa recherche plastique infatigable. Du tracé le plus fin au geste le plus ample, ses compositions naissent de procédés techniques distincts provoquant systématiquement la différence.     «  Explorer tous les horizons, toutes les pistes de la création et surtout ouvrir toutes les portes de mon imaginaire à la recherche d’un équilibre salvateur, c’est pour moi un challenge personnel. » L’artiste peut utiliser les huiles en couches très épaisses, l’acrylique pour jouer sur la superposition des couleurs ou encore une technique mixte alliant sable, mortier, papier de soie et parfois de vieux journaux. Quant à ses sculptures, le matériau final est principalement le bronze. Selon le procédé, les esp
Articles récents

Jacques Kédochim, la traversée des mondes

Dans un équilibre singulier d’apparitions et de disparitions, il peint la ville et ses mystères, ses vitrines chatoyantes, les passants interrogeant leurs désirs, la solitude.   Entre réel et irréel, les univers urbains de Jacques Kédochim provoquent le sentiment troublant de déjà-vu ; cette sensation d'avoir déjà vécu la situation peinte. Passages cloutés, baies vitrées, lampadaires… Comme le souvenir d’une vie antérieure, on croit tout reconnaître de ce paysage reconstitué par filtres superposés où les silhouettes en mouvement deviennent fantomatiques, où le connu se transforme en inconnu.   Une vision poétique et onirique de la ville apparaît. Dans cet espace de liberté, une expérience hypnotique nous invite à traverser un parcours urbain hors-normes qui se recompose. Le décor est chaleureux mais c’est l’individualité grandissante qui est soulignée. « La ville est le lieu où la solitude humaine est la plus criante et pourtant la plus souvent ignorée. Les passants, sûr

Sous les yeux grands ouverts de Stéphanie Le Pitre

Son univers enchanté réunit des détails, des zones et des correspondances joyeuses et poétiques qui témoignent du parcours intérieur de l’artiste.   Elle peint la vie, les gens, les animaux et la nature. Zèbre, vache, girafe, cochon, chouette, poisson et oiseau exotique côtoient des personnages aux yeux écarquillés qui cultivent chacun un potentiel de fable.   «  J’ai plaisir à mêler tout ce petit monde dans mes toiles. J’y glisse une pointe d’humour, une once de poésie et une bonne dose de joie de vivre que je souhaite faire partager. »   Réalisés dans un effort figuratif, a vec précision et minutie, l’artiste peint à l’acrylique en travaillant par couches successives et par petites touches selon l’effet recherché. La facture séduisante et colorée ouvre un champ de tonalités rayonnantes. Dans ce paradis habillé de chaleur, la couleur est au cœur de l’argument. Cette palette chatoyante transmet une peinture vivante et animée.   Les touches radieuses prennent vie selon un

Marion Ancelme, Là-bas une traversée humaine.

Là-bas est une installation globale réunissant cinq modules qui évoquent l’exil d’individus. « Il ne s’agit pas d’un voyage pour le plaisir mais d’un voyage contraint, subi et forcé pour pouvoir continuer à exister. »    Plus encore que le voyage, ce travail traite du déplacement, de territoire en territoire, de la perte d’identité, des privations de liberté mais aussi de l’élévation des valeurs humaines qui rythment le devenir et l’espoir. « Il a débuté dès 2014, année où nous avons été confrontés de façon massive et récurrente à tous les drames qui se déroulaient dans la mer Méditerranée, avec le passage des migrants et le nombre stupéfiant de morts suite aux naufrages de ces petites embarcations de fortune. »   En 2015, lors d’une résidence d’artiste en République tchèque, Marion Ancelme saisit des atmosphères, des détails intimes singuliers et se nourrit de la perte des repères que la vie peut lui procurer ailleurs. Elle créée alors le premier être hybride en argile p

Clémence Wach, énigmatique et poétique

Les dessins de Clémence Wach apparaissent comme des songes illustrés, issus des variations de son esprit préservant leur secret.   L’entreprise de cette dessinatrice virtuose est de nature scénographique. Il serait possible d’imaginer qu’un acteur ou une actrice puisse circuler dans ses scènes à l’orée des bois et des jungles ou en bordures de mer. En suivant un processus essentiellement intuitif, Clémence Wach fait surgir des sensations de nature. Son appréhension du territoire est une errance subjective où la dérive devient liberté. « Il arrive que la vision très précise d’une scène préexiste à l’image que je vais créer. Il est aussi fréquent que mon travail ne se fonde que sur la perception d’une ambiance ou sur une sensation préalable. Dans les deux cas, l’image n’existe pas, je dois la fabriquer de toutes pièces. »   Ses supports de travail sont des études d’après nature, des fragments de photographies, des éléments recomposés de tête qu’elle assemble comme un morceau

Michèle Jarnoux, les filiations secrètes de la matière

« Je souhaite sortir des sentiers, rechercher l’émotion par l’innovation.  » Les sculptures de Michèle Jarnoux mixent la céramique et le verre fusionné, deux matières particulièrement indociles qui nécessitent l’expertise manuelle et la patience.   Amoureuse de la nature, ses travaux témoignent de la préservation de l’environnement et du monde marin, redonnant à la nature son relief et ses particularités. C’est un rêve en devenir, tendu des profondeurs de la mer vers le ciel.   Dédiée entièrement à la sculpture depuis 2011, sa démarche artistique se fonde sur la recherche de la transformation de la matière. Sans modèle, ni dessin au préalable, l’artiste se laisse porter par son imaginaire. La forme nait de ses mains. Accident et contrôle s’influencent, se répondent et font sens ensemble. « Je visualise mon travail et mes mains sculptent. Mes doigts sont mes yeux. »   Sa première série intitulée Empreintes et Variations qu’elle élabore de 2011 à 2013 donne naissance à d

Françoise Decorse, espaces multiples

La peinture de Françoise Decorse naît des fragments autonomes circulaires et des stries. Saisis selon des angles de vue inédits, ces espaces multiples tracent une vision parcellaire et poétique et d’une fascinante faculté plastique.   Après la pratique du dessin et de la sculpture au cours de son enfance, l’artiste choisit la peinture pour s’acquitter de la figuration et atteindre le cheminement de l’abstraction. « La peinture m'a retenue car avec elle je pouvais aller plus en avant, à la découverte, sans planification préalable (…) La figuration qu'imposaient des études encore très académiques se mua progressivement en une figuration transposée puis en abstraction. »   Aujourd’hui, la peintre reconfigure ses héritages. Ses toiles laissent place à une nouvelle expression abstraite où la figure géométrique participe à l’identité de son œuvre. Son dispositif graphique autorise la manipulation de la peinture comme support et comme surface dans une folle danse chromatique