C'est quoi ton problème ? Les collages de Joëlle Isnardon frappent d’abord par leur éclat : un éclat littéral — celui de l’Altuglass qui intensifie les couleurs, magnifie les détails, gomme les aspérités du papier — et un éclat narratif, comme si chaque œuvre jaillissait d’une explosion minutieusement orchestrée. Car chez cette artiste, le chaos n’est jamais désordre : il est construction. C’est un chaos réglé, un « mouvement arrêté » où chaque fragment semble suspendu dans un instant filmique, juste avant que l’histoire ne reprenne son cours. Le théâtre des images On entre dans un collage de Joëlle Isnardon comme dans une scène déjà en mouvement. Ses compositions multiplient plans et lignes de fuite, jouent du haut et du bas, ouvrent des perspectives urbaines ou marines, et l’on suit volontiers la trajectoire d’une figure féminine soudain figée — directionnelle, presque chorégraphique — qui offre au regard un point d'appui humain au sein du tumulte visuel. L’artiste parle ell...
Copyrights : Philippe Gillotte Chez Philippe Gillotte , la photographie se vit comme une traversée : celle d’un homme dont le regard s’est formé à la croisée des Beaux-Arts, de la technique et de l’instinct. Son œuvre, à la fois multiple et cohérente, témoigne d’un engagement profond envers la lumière – non pas comme simple condition visuelle, mais comme matière vivante, vecteur d’émotion et révélateur d’humanité. La lumière sculptée Chaque image de Philippe Gillotte semble respirer. Il y a, dans sa manière d’apprivoiser la lumière, quelque chose de presque pictural, héritée des maîtres qu’il admire — de Johannes Vermeer, pour la précision et la douceur de la lumière, à Zao Wou-Ki, dont la peinture abstraite inspire sa sensibilité aux nuances et aux transparences. L’artiste n’éclaire pas : il sculpte. Qu’elle soit rasante ou diffuse, naturelle ou artificielle, la lumière devient langage. Elle modèle le réel, en révèle la texture et lui confère une profondeur émotionnelle rare. Ce...