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Articles

Affichage des articles du juillet, 2018

Flo Jaouen, peindre, jouer et dire

Elle a choisi la peinture pour dire. Son processus de figuration narrative s'imprègne de l'intime et du lien avec l’autre où s’extrait un formalisme amusé qui brise la cohérence première de l’étonnement.
Flo Jaouen fait dialoguer les êtres, tournés vers leur intériorité ou dirigés vers les autres. Ces identités, ses représentations de soi, sont des caractères évidents de notre conscient et de notre inconscient. Personnages réels mais aussi statues, poupées ou figurines,ils nous interpellent frontalement sur ce que nous renvoyons. Cette complexité de l’individu se dépeint dans un monde, un huit clos où les repères de lieux et de temps se brouillent. Extraits de leurs contextes, les personnages s’affranchissent des décors et de toute narration qui pourraient révéler leur univers. Leurs situations composent une fiction qui bouscule les codes dont l’intrigue nous échappe vertigineusement.
L’artiste peint une réalité qui émeut, fascine, émerveille, divertit, questionne et préoccupe à…

Laurette Succar, trait pour trait

Nous retrouvons dans le travail de Laurette Succar cette réflexion sur l’expérience du regard à travers la reproduction minutieuse et systématique du motif. Abstraite au premier coup d’œil, la forme de sa composition épouse le motif calligraphique et se transforme progressivement en image lente, celle d’un terrain vu du ciel. 
Dans un équilibre constant, un va-et-vient continu aux cadences non imposées révèle un nouveau sens à chaque niveau, sans jamais se livrer définitivement. C’est la trace d’une chorégraphie dévoilée où les lignes se multiplient comme des rhizomes sur la surface du papier. Les points de vues inattendus nous glissent vers la rêverie bercée par un vertige, du néant à la présence, de l’absence à la signification, l'ensemble générant une tension créatrice.
Pour cette artiste peintre plasticienne née à Beyrouth, il n’y a pas d’identité fermée ou de territoires clos. Sans frontières, entre sphère intime et espace partagé, elle interroge en permanence les relations de…

Valentin Arthur Dubois, du procédé à la spontanéité

Son travail retient d’abord le procédé. Il est entièrement dévoué aux technicités de la matière et de la couleur dont cet ancien graphiste se laisse disposer.
Il réalise au préalable des croquis pour appréhender la répartition des masses et des couleurs et laisse les lois de l’aléatoire guider sa démarche. Après une lente agonie du motif et son aboutissement à l’abstraction, l’artiste se défend désormais de n’établir aucun concept en créant des dispositifs qui acceptent l’imprévisibilité comme mode opératoire. Hasards et errances se confrontent à la maîtrise. Cette manière de dompter la fuite et la persistance de l’inconnu n’autorise aucune forme d’exubérance.
Du libre arbitre à l’automatisme, la peinture acrylique est projetée sur des bâches en plastique enduites d’huile. Cette surface pelliculée, une fois séchée, est froissée puis déposée sur la toile afin de créer des formes aléatoires qui prolifèrent. Le collage devient infiltration laissant ces indices entretenir un lien physique…