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Articles

Catherine Mignot-Masi, cheminements chromatiques

« CMM18 Kaléidoscope » - technique mixte 130x89 cm  Elle révèle  la disparition du visible par la couleur. Sa palette lutte avec la figuration et la ligne claire au profit d’un imaginaire débordant, en mouvement guidé par ses sens et ses expériences.  Catherine Mignot-Masi  revendique son inspiration pour les toiles des grands maîtres français et italiens.  “Le jeu des dessins et des couleurs de Toulouse Lautrec, le clair-obscur de Caravage, d’Artemisia Gentileschi, la pureté, l’ambiguïté et le génie de Michel Ange…”  Pourtant son œuvre à dominante abstraite est totalement personnelle et affirme une forme créatrice identifiable et charismatique. “J’ai voulu faire du “moi”, une peinture d’émotion qui me corresponde (...) Je me nourris des sensations et des émotions ressenties au cours de mes voyages et de la vie... Toujours émue et attentive aux couleurs, aux formes, aux effets de matières, aux odeurs et à la musique qui...

Ulysse Lacoste, conjurer le prévisible et perturber l’attendu

projet pour le module Alpha, 2016. image Samson Lacoste Affilié aux ateliers d’art de France, cet artiste dinandier revendique l’art de lier ses mains à la matière. Ses sculptures jonglent avec l’échelle et la pesanteur ; les acteurs principaux de son travail qui concourent à troubler la perception des espaces et des volumes. Une véritable invitation à réévaluer nos critères de jugement. Ulysse Lacoste travaille la tôle. Sur croquis, il réfléchit à l’échelle de la main puis se confronte graduellement à la taille humaine pour in fine envisager ses œuvres de façon monumentale. Ses pièces uniques sont des modules symétriques, des représentations sinusoïdales. Son atelier regorge de recherches géométriques qui se rencontrent, se percutent et se répercutent. De ces chassés croisés sculpturaux naissent des rapports arithmétiques de coupes de cylindres, de sphères, d’ellipses. “ Le cercle est plein de mystère, Il me nourrit et me fait rebondir sur des nouvelles formes....

Mélanie Patris, l'altération du réel

Série Incipit, "positif" de polaroid FP100 réalisé en double exposition au moment de la prise de vue Fugitives, oniriques mais extirpées du réel, les photographies de Mélanie Patris génèrent la sensation diffuse de se trouver en présence de l'insaisissable. Sa vision délicate du corps et de la nature relie l'émotion d'un lieu, d'un moment, d'une personne et nous invite à suivre la trace d'un sens caché.  Elle déclenche son appareil photo de manière intuitive avec toujours un même questionnement :  "quelle est ma place dans ce monde face à l'autre, à l'environnement qui m'entoure ?" Certains clichés s'approchent du réel pour capter le fugace. D'autres plus fantasmés nous transportent au-delà de la représentation où la question de la perte des repères est centrale.  Les images reconstruites évoquent le début d'une histoire, d'une anecdote intime passée au filtre de la mémoire. Puis les souvenirs...

Isabelle Volpert, réminiscences

L'heure du bain ! Pastel sec Acrylique, huile, pastel, les strates se superposent, se combinent, s'entrelacent et nous plonge dans une rêverie ouatée qui   raconte son histoire, laissant délicatement percevoir la restitution du réel et la curiosité d’un ailleurs. Isabelle Volpert travaille d’après ses propres photographies, puis réalise des croquis. Dans la reproduction d’une attitude, à la recherche du détail frappant, souvent le regard, elle soutient par la couleur en superposant l’huile à l’acrylique. Cette coloriste travaille au pinceau, parfois au couteau. « Pour mettre en place le dessin, je commence par l’acrylique, c’est plus gestuel, nerveux et cela sèche rapidement. Ensuite l’huile permet la déformation, j’apprécie les couleurs et les transparences de l’huile, elles permettent plus de subtilités... » Dans cette harmonie chromatique, les tons chauds s’unissent aux plus clairs. Les valeurs dégra...

Sophie Feldmar, réalités dispersées

Entropie#3, techniques graphiques mixtes sur papier, 40 x 50cm Elle crée des paysages, des lieux indéterminés, fictifs qui se situent partout et nulle part à la fois. Sophie Feldmar connaît le secret du monde entre les mondes où une inquiétante puissance régit cette proximité entre l’organique et l’urbain. « Le paysage est envisagé comme un paradigme culturel, car inventé, organisé et composé jusqu’à devenir artificiel. Il se façonne à l’image de l’homme, non pas de manière anthropique comme pourrait l’être une rizière par exemple (...) Je crée à partir de photographies de repérages des aberration urbaines, des surprises du quotidien prises en images que je couche ensuite graphiquement sur différents supports. » Cet univers imaginaire à la fois attrayant, menaçant et fantasmé souligne l’importance de l’adversité mise à l’épreuve. La nature se laisse dévorer par l’architecture et l’industrialisation urbaine. L’humain n’y a plus sa place. Du corps à la pierre...

Bernadette Broussal, le trouble et la révélation

Elle joue de la plasticité pour défendre la forme tout en pratiquant le flou. Ses toiles sont des impressions ultra-contemporaines où l’effacement, l’apparition, la vibration du relief, de la brillance et de la transparence s’effleurent du regard. Bernadette Broussal préserve le secret d’un procédé de fabrication sophistiqué. Sur un espace vierge, elle travaille un fond constitué de tâches , de matières, cette surface abstraite apporte une première orientation par sa couleur et sa clarté.   Puis la représentation s’insère sous les traits d’un corps réalisé au pastel sec, à l’acrylique et à l’encre. C’est la trame, la liaison avec une troisième étape de création ; un voilage recouvrant la toile préparée . Le voile fin, synthétique, en tulle ou en soie blanche, unique ou multiple, est amovible et plus ou moins translucide. Il laisse deviner ce qui se passe derrière par un léger souffle, un mouvement de la main, un courant d’air succinct…   Cet u...

Christophe Faso, pour l’éternité

Festival,   technique mixte sur toile, 292 x 114 cm, 2018   Abandonner l’armure charnelle de ses corps était comme une évidence. Avec cette nouvelle série, l’artiste poursuit son exploration de l’être qu’il dépouille et humanise vers une sublime économie de l’essentiel ; une révélation du lien mystérieux entre la vie et la mort. Christophe Faso ne se baigne jamais deux fois dans le même « flow. » Il élabore ses œuvres comme autant d’enquêtes venant déjouer les cadres. Ses recherches s’enrichissent d’une cohérence perpétuellement hiérarchisée. Les visages, les postures, les créatures imaginaires, la cognition humaine au sein de la société contemporaine font toujours partis de son corpus. Après Les passerelles charnelles où la déstructuration du corps s’incarnait avec grâce et sa boîte à Chimères , réunissant des collages de bêtes humaines, il fait évoluer cette fois sa trame avec une nouvelle entité : la vanité. « La vie, la mort de me...