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Articles

Jessie Bensimon, l’éloge du mouvement

Art environnemental 2017 Avec toujours plus d’exigence dans le renouvellement et les infinies possibilités du mouvement, elle affirme sa volonté plastique d’atteindre des perspectives inattendues pour participer à la création d’oeuvre d’art globale. Son intervention artistique harmonise la structure avec le fond, sans frontières entre les arts. Encres, monotypes, gravures, photographies, céramiques, bijoux, sculptures, et installations sont autant de procédés qui témoignent de sa capacité à questionner l’oeuvre sur le plan de la forme, de l’espace et de la substance. Jessie Bensimon choisit des matières ductiles et indociles qui nécessitent l’expertise manuelle, la patience. Galons cousus, toile métallique, collerette en métal tissé, argent travaillé, minéraux sertis ou encore plumes forgent son désir de retour à l’élaboration lente et progressive, liée à la profondeur, totalement paradoxale dans notre époque de vitesse et superficialité. Son approche formelle se car...

Anna Nansky, terres de projection

"Rêves" 2017  Acrylique sur toile 3mètres x 6mètres Comme dans un jeu de mémoire, elle puise dans ses souvenirs d’enfance pour construire des espaces colorés où la superposition et la dilution des tonalités se décryptent en lévitation.  Des aplats de couleurs vives structurés et scandés par une trame de lignes, de courbes, mesurant l’espace se mêlent et s’entremêlent en revendiquant leur altérité d’appartenance dans l’abstraction la plus totale. L’artiste nous montre ce qui existe sans être visible. Ces topographies reconstruites, que l’on peut décrypter comme des cartes vues du ciel occupent de façon dense la totalité de la surface et contribuent à une sensation de dépassement, au-delà des frontières. Anna peint au sol pour surplomber la toile et avoir une vue globale. A terre, sur ses rouleaux étendus libres et mouvants, à l’aide de ses pinceaux et palettes, elle utilise l’acrylique, mélange les pigments, l’huile de lin et quelques fixatifs. L’artiste ...

Les micro-mondes de Dadave

R de CMYG Accumulation de composants électroniques sur bois. 60 x 60 2016 Dadave fige certaines époques révolues de l’ère électronique en produisant des formes fixes dans une dynamique entropique inscrite dans une unité de temps et d’action.  Cet artiste autodidacte endosse les habits d’archéologue et de sculpteur pour construire sa recherche plastique autour des composants électroniques qu’il collecte, accumule, dissèque, assemble et ordonnance savamment sur support bois. Après une 1ère composition à blanc sans colle, ces objets de récupération d’un temps déjà révolu sont à nouveau en connexion.  Ce sont des câbles, des gaines TPC, des cartes mères, des touches de clavier, des éléments prélevés des tubes cathodiques, des condensateurs, des circuits intégrés… La plupart engendrent des sculptures abstraites aux formes géométriques. Différents volumes tridimensionnels à l’effet parfois hypnotique.  Certains s’érigent tels de véritables tours de Babel composées...

Catherine Mignot-Masi, cheminements chromatiques

« CMM18 Kaléidoscope » - technique mixte 130x89 cm  Elle révèle  la disparition du visible par la couleur. Sa palette lutte avec la figuration et la ligne claire au profit d’un imaginaire débordant, en mouvement guidé par ses sens et ses expériences.  Catherine Mignot-Masi  revendique son inspiration pour les toiles des grands maîtres français et italiens.  “Le jeu des dessins et des couleurs de Toulouse Lautrec, le clair-obscur de Caravage, d’Artemisia Gentileschi, la pureté, l’ambiguïté et le génie de Michel Ange…”  Pourtant son œuvre à dominante abstraite est totalement personnelle et affirme une forme créatrice identifiable et charismatique. “J’ai voulu faire du “moi”, une peinture d’émotion qui me corresponde (...) Je me nourris des sensations et des émotions ressenties au cours de mes voyages et de la vie... Toujours émue et attentive aux couleurs, aux formes, aux effets de matières, aux odeurs et à la musique qui...

Ulysse Lacoste, conjurer le prévisible et perturber l’attendu

projet pour le module Alpha, 2016. image Samson Lacoste Affilié aux ateliers d’art de France, cet artiste dinandier revendique l’art de lier ses mains à la matière. Ses sculptures jonglent avec l’échelle et la pesanteur ; les acteurs principaux de son travail qui concourent à troubler la perception des espaces et des volumes. Une véritable invitation à réévaluer nos critères de jugement. Ulysse Lacoste travaille la tôle. Sur croquis, il réfléchit à l’échelle de la main puis se confronte graduellement à la taille humaine pour in fine envisager ses œuvres de façon monumentale. Ses pièces uniques sont des modules symétriques, des représentations sinusoïdales. Son atelier regorge de recherches géométriques qui se rencontrent, se percutent et se répercutent. De ces chassés croisés sculpturaux naissent des rapports arithmétiques de coupes de cylindres, de sphères, d’ellipses. “ Le cercle est plein de mystère, Il me nourrit et me fait rebondir sur des nouvelles formes....

Mélanie Patris, l'altération du réel

Série Incipit, "positif" de polaroid FP100 réalisé en double exposition au moment de la prise de vue Fugitives, oniriques mais extirpées du réel, les photographies de Mélanie Patris génèrent la sensation diffuse de se trouver en présence de l'insaisissable. Sa vision délicate du corps et de la nature relie l'émotion d'un lieu, d'un moment, d'une personne et nous invite à suivre la trace d'un sens caché.  Elle déclenche son appareil photo de manière intuitive avec toujours un même questionnement :  "quelle est ma place dans ce monde face à l'autre, à l'environnement qui m'entoure ?" Certains clichés s'approchent du réel pour capter le fugace. D'autres plus fantasmés nous transportent au-delà de la représentation où la question de la perte des repères est centrale.  Les images reconstruites évoquent le début d'une histoire, d'une anecdote intime passée au filtre de la mémoire. Puis les souvenirs...

Isabelle Volpert, réminiscences

L'heure du bain ! Pastel sec Acrylique, huile, pastel, les strates se superposent, se combinent, s'entrelacent et nous plonge dans une rêverie ouatée qui   raconte son histoire, laissant délicatement percevoir la restitution du réel et la curiosité d’un ailleurs. Isabelle Volpert travaille d’après ses propres photographies, puis réalise des croquis. Dans la reproduction d’une attitude, à la recherche du détail frappant, souvent le regard, elle soutient par la couleur en superposant l’huile à l’acrylique. Cette coloriste travaille au pinceau, parfois au couteau. « Pour mettre en place le dessin, je commence par l’acrylique, c’est plus gestuel, nerveux et cela sèche rapidement. Ensuite l’huile permet la déformation, j’apprécie les couleurs et les transparences de l’huile, elles permettent plus de subtilités... » Dans cette harmonie chromatique, les tons chauds s’unissent aux plus clairs. Les valeurs dégra...