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Articles

Binôme Lambda, inquiéter la routine

En duo, Benjamine Guilbaud et Cyril Le Goualher élaborent leurs œuvres comme autant d’investigations venant déjouer les cadres et les méthodologies classiques. Elle se composent de peintures, dessins, sculptures, vidéos, performances… « Chaque projet est pour nous l'occasion d'une réflexion, d'une "installation totale", dans le sens d'une articulation de plusieurs propositions entre elles. » Leurs recherches protéiformes entremêlent des corpus de réflexions factuelles et fictionnelles afin d’explorer et interroger le contexte sociétal dans lequel nous évoluons. « Nous ne nous interdisons aucunes techniques, et nous pouvons travailler dès lors en collaboration avec d'autres professionnels. Dans notre façon de travailler, l'idée, la réflexion engendre la forme. » De la rigueur à la relâche, les artistes frôlent les marges, virevoltent, hors des catégories. Leurs travaux volontaires et signifiants revendiquent à la...

Jean-François Veillard, les farfadets de l’effroi et du ricanement

Avec la sculpture, il remet en jeu son procédé technique tout en restant fidèle à son esthétique fantasque.  Jean-François Veillard est toujours Inspiré par le paysage de la campagne du Val de Loire où se trouve son atelier rempli de trognes. Un lieu où les formes rémanentes du conte et de la frasque s’expriment en toute liberté. Une atmosphère où le rêve se confronte à la damnation, où la quiétude contraste avec la folie humaine, où la vie se lie à la magie. Suspendues dans un espace de liberté, les figures représentées sont des farfadets, trolls et autres lutins. Comme dans une histoire racontée aux plus jeunes, ils n’aspirent qu’à la venue d’un regard ou d’une main qui viendra leur redonner vie.  Issus de ces histoires peintes et proches du rêve éveillé, les farfadets prennent une nouvelle existence. Ils sont envisagés comme de véritables curiosités qui posent la question du support : des morceaux de bois anguleux. «  C’es...

Rudy Morandini laisse le corps se réinventer

  Modestie A la fois organiques et métalliques, les figures sculpturales de Rudy Morandini ont leur propre facture. Leur résille ornementale joue avec la matérialité d’un accessoire atypique laissant le corps se réinventer. Les sculptures masculines, féminines, musclées, élancées, ne s’émancipent pas des codes académiques dans leur représentation figurée. C’est le matériau choisi qui participe à leur présence inédite. Pour donner vie à ses œuvres, et dans une logique sérielle, l’artiste utilise l’écrou. Cette pièce de métal percée d'un trou cylindrique indispensable pour fixer, visser, dévisser est ici détournée de son usage premier pour faire sens artistiquement. Corps, bustes, visages rendent une vision du réel où les notions de proportions et d’équilibre sont respectées. Le réalisme anatomique s’appuie sur une certaine pureté originelle des formes.   « L’idée première était de représenter des statues antiques avec un matériau différent et d'avoir ...

Marie Fang, doucement tribale et solidement mélancolique

  Rêveuse, pierre de Caen Elle explore le potentiel de la pierre, du calcaire, de l’albâtre et du marbre principalement en taille directe pour exprimer sa vision hors normes du corps. La représentation morphologique est pour elle motrice. Marie Fang créée des sculptures humaines imaginaires en manifestant son désir de s'écarter de l'académisme conventionnel. Elle rend pour ce faire une vision du réel où les notions de proportions et d’équilibre sont revisitées dans un processus de métamorphose. A la recherche du mouvement et de l’expressivité, elle développe son langage, perce la masse, façonne, élague un réseau de lignes, de volumes et de plans qui enserrent le corps, joue sur les vides et les pleins pour faire jaillir des formes rondes et voluptueuses. Ses sculptures s’inscrivent dans l’intimité, faisant du corps un espace de recherche. A la fois réalistes et fragmentées, elles portent une asymétrie dynamique, généreuse et procurent une ...

Catherine Vaesca, absorption de l’intime

  X-photo-peinture, 70x100 cm La photographie, la danse, le corps et la peinture sont pour elle des terrains de créativité hybrides, en fusion. En soulignant leur malléabilité, Catherine Vaesca leur redonne une consistance singulière, une nouvelle combinaison qui capture l’évanescence des présences. Ses modèles sont des couples qu’elle photographie dans leur intimité. Elle chorégraphie la séance, ordonne l’échange, le toucher, l’effleurement, l’enroulement, la lutte des corps étendus ; une sorte de danse-contact effectuée au sol qu’elle saisit avec son téléphone portable. « Habiles, ils bougent, dansent allongés pour exprimer la tendresse et l’amour de leur union. Leur jeu de jambes donne l’impression d’une lévitation. J’ai le sentiment de les unir en apesanteur dans la légèreté et la grâce. » Sur ordinateur, elle efface le fond du cliché pour se concentrer sur l’essentiel ; les corps emmêlés. Un premier monotype sur tra...

Les messagers de Marina Cartiant

Les messagers éveillent les consciences avec tact et féérie vers la quête spirituelle d’un monde meilleur. Ils invoquent toutes les bonnes volontés pour la préservation de la planète, ses habitants et ses rituels. Ce qui caractérise de prime abord cette œuvre de Marina Cartiant c’est son indéniable essence contextuelle. La nature, le végétal, l’humain et l’animal sont les surfaces d’expression qu’elle utilise pour lancer un appel sous forme d’un manifeste lumineux. L’artiste sacralise les symboles pour nous renvoyer aux inégalités du monde qu’elles soient d’ordre naturelles, culturelles ou identitaires. L’aspect onirique s’impose. Il est renforcé par la dimension mystique parfois presque vaudou qui s’empare de l’œuvre et semble la posséder. Habité par un paysage aux confins du chamanisme, l’installation évoque également les religions monothéistes et polythéistes par un accessoire ; un collier en bois, un verre, un chapelet, un bâton de vie et a...

Corinne Cavillac, « Abstractions solides »

  Dans l’objectif de son appareil photo, elle voit d’abord une trame autoritaire ; des lignes verticales, horizontales, concaves, puis lorsqu’elle s’en approche, elle saisit d’autres compositions abstraites, des pans ordonnés de couleurs et de matière. Elle capture les architectures urbaines avec l’envie de nous surprendre. Corinne Cavillac réalise ses photographies en instantané, à l’éclairage naturel, sans filtres ni retouches plastiques. Seule compte l’idée, l’astuce qui vient faire basculer un instant, un volume, une ligne, un angle, une texture, une couleur repérée et attrapée vers quelque chose de complètement différent. La prise de vue prend une signification nouvelle, dans un autre cadre renversé, inédit. Cet agencement de la construction accentue le point de vue structurel. Il est envisagé comme un aspect purement malléable. «  Les possibilités des matériaux comme le béton sont une pâte à modeler de base pour mes cadrages....