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Articles

Marion Ancelme, Là-bas une traversée humaine.

Là-bas est une installation globale réunissant cinq modules qui évoquent l’exil d’individus. « Il ne s’agit pas d’un voyage pour le plaisir mais d’un voyage contraint, subi et forcé pour pouvoir continuer à exister. »    Plus encore que le voyage, ce travail traite du déplacement, de territoire en territoire, de la perte d’identité, des privations de liberté mais aussi de l’élévation des valeurs humaines qui rythment le devenir et l’espoir. « Il a débuté dès 2014, année où nous avons été confrontés de façon massive et récurrente à tous les drames qui se déroulaient dans la mer Méditerranée, avec le passage des migrants et le nombre stupéfiant de morts suite aux naufrages de ces petites embarcations de fortune. »   En 2015, lors d’une résidence d’artiste en République tchèque, Marion Ancelme saisit des atmosphères, des détails intimes singuliers et se nourrit de la perte des repères que la vie peut lui procurer ailleurs. Elle créée alors l...

Clémence Wach, énigmatique et poétique

Les dessins de Clémence Wach apparaissent comme des songes illustrés, issus des variations de son esprit préservant leur secret.   L’entreprise de cette dessinatrice virtuose est de nature scénographique. Il serait possible d’imaginer qu’un acteur ou une actrice puisse circuler dans ses scènes à l’orée des bois et des jungles ou en bordures de mer. En suivant un processus essentiellement intuitif, Clémence Wach fait surgir des sensations de nature. Son appréhension du territoire est une errance subjective où la dérive devient liberté. « Il arrive que la vision très précise d’une scène préexiste à l’image que je vais créer. Il est aussi fréquent que mon travail ne se fonde que sur la perception d’une ambiance ou sur une sensation préalable. Dans les deux cas, l’image n’existe pas, je dois la fabriquer de toutes pièces. »   Ses supports de travail sont des études d’après nature, des fragments de photographies, des éléments recomposés de tête qu’elle assemb...

Michèle Jarnoux, les filiations secrètes de la matière

« Je souhaite sortir des sentiers, rechercher l’émotion par l’innovation.  » Les sculptures de Michèle Jarnoux mixent la céramique et le verre fusionné, deux matières particulièrement indociles qui nécessitent l’expertise manuelle et la patience.   Amoureuse de la nature, ses travaux témoignent de la préservation de l’environnement et du monde marin, redonnant à la nature son relief et ses particularités. C’est un rêve en devenir, tendu des profondeurs de la mer vers le ciel.   Dédiée entièrement à la sculpture depuis 2011, sa démarche artistique se fonde sur la recherche de la transformation de la matière. Sans modèle, ni dessin au préalable, l’artiste se laisse porter par son imaginaire. La forme nait de ses mains. Accident et contrôle s’influencent, se répondent et font sens ensemble. « Je visualise mon travail et mes mains sculptent. Mes doigts sont mes yeux. »   Sa première série intitulée Empreintes et Variations qu’elle élabore ...

Françoise Decorse, espaces multiples

La peinture de Françoise Decorse naît des fragments autonomes circulaires et des stries. Saisis selon des angles de vue inédits, ces espaces multiples tracent une vision parcellaire et poétique et d’une fascinante faculté plastique.   Après la pratique du dessin et de la sculpture au cours de son enfance, l’artiste choisit la peinture pour s’acquitter de la figuration et atteindre le cheminement de l’abstraction. « La peinture m'a retenue car avec elle je pouvais aller plus en avant, à la découverte, sans planification préalable (…) La figuration qu'imposaient des études encore très académiques se mua progressivement en une figuration transposée puis en abstraction. »   Aujourd’hui, la peintre reconfigure ses héritages. Ses toiles laissent place à une nouvelle expression abstraite où la figure géométrique participe à l’identité de son œuvre. Son dispositif graphique autorise la manipulation de la peinture comme support et comme surface dans une folle danse ...

Eric Petr, Nuit radieuse, récit photographique.

  « J’avais l’envie de parler de ma ville ; Marseille, ville mal aimée et pourtant si belle, fendue par ses stigmates, ses blessures urbaines, qui n’offre sa protection divine de la Bonne Mère qu’à ceux qui s’en émerveillent. »     Eric Petr s’est volontairement plongé dans un environnement familier rempli de repères. Malgré une connaissance précise des lieux, il a cependant choisi l’errance et la surprise picturale. Dans l’intimité d’un endroit, un appartement situé au 8e étage de la cité radieuse du Corbusier où l’on peut contempler la beauté de la cité phocéenne, il a réalisé ses photographies à l’aide d’un appareil numérique monté d'un objectif des années soixante. Les images ont été capturées en une seule prise de vue, dans la spontanéité, sans post traitement en décembre 2020.    Vue de ses hauteurs, Marseille, cité de lumière endormie, donne une impression de vie, de mouvement. Les arrêts sur image reconstruisent l’identité de la v...

Jean-Jacques Curt, le réalisme humaniste

« Je suis un peintre figuratif qui aime la représentation du réel et je veux être aussi un impressionniste (…) Même si mes toiles ressemblent à des photos, je me limite dans le réalisme. »   L’artiste peint une réalité qui émeut, repose et émerveille où l’impression a son rôle à jouer. Exécuté entre douceur et apaisement, le diffus cohabite avec le précis. Lorsque l’on prend le temps de regarder ses toiles, petit à petit l’atmosphère se transforme. C’est une invitation à se placer dans la disposition de regard pour une meilleure compréhension de la narration. L’appropriation est subjective. Elle illustre des pans de vie d’une mémoire collective. Nous avons tous déjà vécu ou été témoin des situations évoquées par Jean-Jacques Curt.   La composition travaille en même temps la figure et l’espace avec des cadrages originaux qui donnent l’impression de volume. Cette hiérarchie spatiale inclut dans son espace celui qui la regarde. Pour ce faire, la toile de lin e...

Francis Bellanger, réaliste et intemporel

Francis Bellanger travaille le corps avec le souci de l’esthétique, de la forme, de la sensualité, du charme et de la gestuelle.  Avec réalisme et intemporalité, il fait de ses modèles un puissant support d'expressivité.   Fasciné par le corps féminin, au-delà des apparences, l’artiste fabrique un art de voir. Ses traits sont fins, immédiats, spontanés, allusifs, narratifs et participent à des présences singulières, attirantes et troublantes.   « Les formes féminines sont élégantes, raffinées, subtiles. Elles impliquent une grande variété de sujets et d’interprétations possibles. »   Francis peint à l'huile sur toile, au pastel ou à la mine de plomb, sur papier blanc ou teinté d’après modèle vivant. Les corps reproduis ont cette particularité de ne pas évoquer la notion du temps ni de l’âge. « Chaque modèle a sa personnalité. Je n’ai rien contre le corps vieillissant. J’ai peint des femmes âgées. Au cours de mes études, j’ai d’ailleurs ...