Accéder au contenu principal

Articles

Sophie Feldmar, réalités dispersées

Elle crée des paysages, des lieux indéterminés, fictifs qui se situent partout et nulle part à la fois. Sophie Feldmar connaît le secret du monde entre les mondes où une inquiétante puissance régit cette proximité entre l’organique et l’urbain.
« Le paysage est envisagé comme un paradigme culturel, car inventé, organisé et composéjusqu’à devenir artificiel. Il se façonne à l’image de l’homme, non pas de manière anthropique comme pourrait l’être une rizière par exemple (...) Je crée à partir de photographies de repérages des aberration urbaines, des surprises du quotidien prises en images que je couche ensuite graphiquement sur différents supports. » Cet univers imaginaire à la fois attrayant, menaçant et fantasmé souligne l’importance de l’adversité mise à l’épreuve. La nature se laisse dévorer par l’architecture et l’industrialisation urbaine. L’humain n’y a plus sa place. Du corps à la pierre, du ciel au bitume, l’incroyable métamorphose nous absorbe et nous intègrent littéralement. N…
Articles récents

Bernadette Broussal, le trouble et la révélation

Elle joue de la plasticité pour défendre la forme tout en pratiquant le flou. Ses toiles sont des impressions ultra-contemporaines où l’effacement, l’apparition, la vibration du relief, de la brillance et de la transparence s’effleurent du regard.
Bernadette Broussal préserve le secret d’un procédé de fabrication sophistiqué. Sur un espace vierge, elle travaille un fond constitué de tâches, de matières, cette surface abstraite apporte une première orientation par sa couleur et sa clarté.Puis la représentation s’insère sous les traits d’un corps réalisé au pastel sec, à l’acrylique et à l’encre. C’est la trame, la liaison avec une troisième étape de création ; un voilage recouvrant la toile préparée. Le voile fin, synthétique, en tulle ou en soie blanche, unique ou multiple, est amovible et plus ou moins translucide. Il laisse deviner ce qui se passe derrière par un léger souffle, un mouvement de la main, un courant d’air succinct…Cet ultime support est peint, on peut y distinguer des n…

Christophe Faso, pour l’éternité

Abandonner l’armure charnelle de ses corps était comme une évidence. Avec cette nouvelle série, l’artiste poursuit son exploration de l’être qu’il dépouille et humanise vers une sublime économie de l’essentiel ; une révélation du lien mystérieux entre la vie et la mort.
Christophe Faso ne se baigne jamais deux fois dans le même « flow. » Il élabore ses œuvres comme autant d’enquêtes venant déjouer les cadres. Ses recherches s’enrichissent d’une cohérence perpétuellement hiérarchisée. Les visages, les postures, les créatures imaginaires, la cognition humaine au sein de la société contemporaine font toujours partis de son corpus. Après Les passerelles charnelles où la déstructuration du corps s’incarnait avec grâce et sa boîte à Chimères, réunissant des collages de bêtes humaines, il fait évoluer cette fois sa trame avec une nouvelle entité : la vanité. « La vie, la mort de mes proches comme la disparition d’anonymes liés aux événements récents des migrations massives, témoignent d’un mon…

Natalie Vassil, trajectoire humaine

Elle travaille dans la fulgurance pour saisir l’immédiateté et capturer ce qui unit. Ses toiles sont des traversées, à chaque fois singulières. Elles déploient leurs lignes perceptives de l’intime et l’universalité ; un véritable carrefour de chemins de vies.
« Chaque toile est un instant T tout en pensant que le temps n’existe pas. » C’est dans cette logique de « flash », de laps de temps centrifugé que Natalie Vassil créée. Ses espaces toujours différents ne tiennent pas compte d’un fil chronologique mais d’une articulation qui interroge sur le monde. Sous une force libératrice, comme une évidence, l’échafaudage nébuleux se construit petit à petit. D’abord le fond créé une lumière, avec une réflexion de couleurs à base de pigments issus d’Inde, d’Afrique… De sable volcanique, de la mer rouge. Puis l’artiste recouvre, efface. Son geste circulaire la conduit vers la courbe et la ligne qui se mêlent, s’entremêlent et s’enchevêtrent pour mieux s’apprivoiser. « C’est la rencontre, la synchr…

Flo Jaouen, peindre, jouer et dire

Elle a choisi la peinture pour dire. Son processus de figuration narrative s'imprègne de l'intime et du lien avec l’autre où s’extrait un formalisme amusé qui brise la cohérence première de l’étonnement.
Flo Jaouen fait dialoguer les êtres, tournés vers leur intériorité ou dirigés vers les autres. Ces identités, ses représentations de soi, sont des caractères évidents de notre conscient et de notre inconscient. Personnages réels mais aussi statues, poupées ou figurines,ils nous interpellent frontalement sur ce que nous renvoyons. Cette complexité de l’individu se dépeint dans un monde, un huit clos où les repères de lieux et de temps se brouillent. Extraits de leurs contextes, les personnages s’affranchissent des décors et de toute narration qui pourraient révéler leur univers. Leurs situations composent une fiction qui bouscule les codes dont l’intrigue nous échappe vertigineusement.
L’artiste peint une réalité qui émeut, fascine, émerveille, divertit, questionne et préoccupe à…

Laurette Succar, trait pour trait

Nous retrouvons dans le travail de Laurette Succar cette réflexion sur l’expérience du regard à travers la reproduction minutieuse et systématique du motif. Abstraite au premier coup d’œil, la forme de sa composition épouse le motif calligraphique et se transforme progressivement en image lente, celle d’un terrain vu du ciel. 
Dans un équilibre constant, un va-et-vient continu aux cadences non imposées révèle un nouveau sens à chaque niveau, sans jamais se livrer définitivement. C’est la trace d’une chorégraphie dévoilée où les lignes se multiplient comme des rhizomes sur la surface du papier. Les points de vues inattendus nous glissent vers la rêverie bercée par un vertige, du néant à la présence, de l’absence à la signification, l'ensemble générant une tension créatrice.
Pour cette artiste peintre plasticienne née à Beyrouth, il n’y a pas d’identité fermée ou de territoires clos. Sans frontières, entre sphère intime et espace partagé, elle interroge en permanence les relations de…

Valentin Arthur Dubois, du procédé à la spontanéité

Son travail retient d’abord le procédé. Il est entièrement dévoué aux technicités de la matière et de la couleur dont cet ancien graphiste se laisse disposer.
Il réalise au préalable des croquis pour appréhender la répartition des masses et des couleurs et laisse les lois de l’aléatoire guider sa démarche. Après une lente agonie du motif et son aboutissement à l’abstraction, l’artiste se défend désormais de n’établir aucun concept en créant des dispositifs qui acceptent l’imprévisibilité comme mode opératoire. Hasards et errances se confrontent à la maîtrise. Cette manière de dompter la fuite et la persistance de l’inconnu n’autorise aucune forme d’exubérance.
Du libre arbitre à l’automatisme, la peinture acrylique est projetée sur des bâches en plastique enduites d’huile. Cette surface pelliculée, une fois séchée, est froissée puis déposée sur la toile afin de créer des formes aléatoires qui prolifèrent. Le collage devient infiltration laissant ces indices entretenir un lien physique…