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Articles

Carole Fournet, Les mouvements de l’âme

Elle capture une présence qu’elle transforme en évanescence, s’écartant de la convention tout en respectant les valeurs académiques. Carole se prête au jeu de la référence, sans la citer. Ses modèles proviennent de différentes sources d’inspirations. Celles du Quattrocento, des musées tels que Le Louvre, Orsay, le musée Rodin, Versailles mais aussi les églises ou les cimetières du Père Lachaise, de Nice, de Venise et Rome. Car c’est avant tout l’attitude qui retient son attention. La posture qui tend vers l’intimité, faisant du corps un espace de questionnement.
Les poses lascives et expressives revisitées des figures participent à un certain lyrisme. Elles expriment une nouvelle manière d’appréhender l’être ; « sa douleur, sa joie, son exaltation, quelques fois un sentiment caché… » Sous une forme libératrice de forces en présence, les tensions et les équilibres se révèlent. Les figures s’emmêlent et s’entremêlent, certaines ne font plus qu’une. Dans cette fusion des corps, les rapports…
Articles récents

Orlando Latour, au-delà du tourment

 La peinture d’Orlando Latour est constituée d’une série d’apparitions qui semble s’effacer de la surface de représentation. Sa vision soluble, aussi figurée que déstructurée laisse présager la virulence d’un geste qui accueille le tourment et la survie.
Il peint à l’acrylique des portraits de ses ancêtres imaginaires (lui qui n’en a pas), des figures de la peinture classique. Les couleurs se mélangent, se diluent et provoquent un effet entre statisme, vibration et disparition. Orlando ne revendique pas la fragmentation mais l’écrasement.
« Il s’agit de créer un substrat presque organique, une matière dont on ne saurait dire s’il s’agit d’une chose écrasée ou d’un élément anatomique, je ne sais quel viscère. » Son geste exige la méthode mais assume les errances, le hasard et l’imprévu. 

Les silhouettes s’imposent au-delà du temps et des affres de l’Histoire. Les visages sont absorbés dans leur contemplation. Certains regardent le spectateur d’un œil spectral. Il s’agit d’interroger l’effac…

Paul-Yves Poumay, l’art pour changer la société

« L’art s’impose à moi comme un besoin de subsistance, d’indignation envers les aberrations sociétales actuelles. » Les travaux dePaul-Yves Poumay explorent notamment les possibilités d'engager le public comme collaborateur dans le processus de création.
Son œuvre se décline selon plusieurs techniques ; la peinture, la sculpture et la photographie. « Je propose un travail particulier, sans références et sans complexes. Idéologiquement, je mène peut-être le combat de Don Quichotte... »
Avec humilité, générosité, humour et idéalisme, à l’image du héros de Cervantès, cet artiste a le souhait par l’acte artistique de dénoncer l’industrialisation financière, les injustices de notre société afin de construire un monde plus juste et plus durable pour tous les vivants. Son initiative collaborative se réalise sous forme d’un appel aux dons pour acquérir par milligramme une sculpture baptisée "Don Quichotte." La mise est symboliquement fixée à 26, 5 euros le milligramme pour 76 milli…

Jaja, l’ère des êtres connectés

Fidèle à la rue où elle puise son esthétique contextuelle, Jaja joue avec les anecdotes des passants munis de leurs smartphones.
L’architecture urbaine est sa surface d’expression, les passants ses sujets. Jaja reste fidèle à son modus operandi et demeure une artiste Street-art inspirée par l’univers digital. De ses déplacements constants, elle saisit l’immédiateté de situations et d’attitudes liées à l’objet technologique. Pour cette série intituléeLe smartphone notre compagnon, les prises de vues capturées au hasard de ses déambulations sont modulées et transformées par la couleur à l’acrylique sur toile, laissant apparaître en filigrane une allure, un comportement. « Seule la posture m’intéresse (…) J’aime photographier la rue depuis toujours. Les personnages avec leurs smartphones se sont naturellement imposés. »
Une atmosphère particulière se diffuse et se prête à l’interprétation d’histoires. Les photographies-peintures interrogent sur les relations entre le langage et l’image, en…

Bernadette Mergaerts, les traces esthétiques du fugitif

Ses photographies numériques sont instantanées. Guidées par l’impromptu, elles sont réalisées dans l’instant sans mise en scène.
Cette artiste belge photographie depuis l’âge de 10 ans et se souvient encore de ses premiers clichés réalisés à l’aide de l’appareil photo de son grand-père. Ses ultimes séries sont effectuées grâce à son smartphone. « La technique ne prime pas. Je n’exclus pas d’utiliser l’argentique ou le Polaroïd pour de prochains travaux. »
Bernadette Mergaerts capture les traces esthétiques du fugitif. Ses photographies sont des empreintes extérieures saisies au hasard de ses déplacements. La question de la perte des repères est centrale et la non reconnaissance du lieu essentielle. Elle contribue à tendre vers une certaine abstraction. Pourtant les images ancrent les espaces que l’artiste traverse dans un continuum de sensations, d’instants qui auraient pu être vécus par chacun d’entre nous.
Prises de façon parcimonieuse, les photos sont parfois retouchées à l’endroit …

Pierrette Cornu, le témoignage de l’humanité

La zone d’humanité s’engouffre dans ses œuvres selon une certaine violence, peu contenue et débordante pour témoigner avec esthétisme d’une société où la survie de l’homme se fait parfois oublier. 
« A partir d’un chaos assez indescriptible sur la toile doit surgir quelque chose. » Sa technique mixte utilise le plus souvent l’acrylique et d’infimes corps étrangers tels que des débris, assemblés, collés comme matériaux de départ liant ses personnages à la matière.
Son geste débridé, brûlant, vindicatif, informe sur la trace humaine d’un corps et d’un esprit en survie. Dans sa peinture, on ne trouve pas de lignes de fuite ni de perspectives, mais l’affrontement, la superposition, la confrontation. Les traits sont des cicatrices apparentes, les zones visibles des indécisions et des renoncements. Pierrette Cornu efface, fragmente. « Rien n’est jamais sûr, ni définitif ou terminé. Mon trait reflète la vraie vie, celle de personnages inadaptés au rythme délirant de notre société contemporai…

Stavroula Chronopoulou-Roux, le sens et l’absurde

Ses dessins jouent des conventions graphiques, linguistiques, culturelles pour broder sur papier des scènes figurées où le sens se confronte à l’absurde. 

Lorsqu’on lui pose la question de ses influences, l’artiste répond volontiers que son procédé s’inspire des techniques du graphisme, du mouvement « Beat » ou encore du « Cut-up » ; une technique expérimentée par les écrivains William Seward Burroughs et Jack Kerouac. Cette dernière permet de découper un texte original en fragments aléatoires avant d’être librement réarrangés pour constituer un nouveau message.
« J’aime les mots, l’univers de la littérature, je vis dans un univers bilingue et mon univers personnel s'est enrichi à travers les deux cultures, grecque et française. »

En référence à ce collage littéraire qu’elle utilise comme un transfert, Stavroula utilise une photo ou un assemblage de photos riches de sens, puis enlève, ajoute, transforme. Au crayon, à la mine de plomb sur papier ou encore sur bois préparé avec du G…