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Articles

Laurette Succar, trait pour trait

Nous retrouvons dans le travail de Laurette Succar cette réflexion sur l’expérience du regard à travers la reproduction minutieuse et systématique du motif. Abstraite au premier coup d’œil, la forme de sa composition épouse le motif calligraphique et se transforme progressivement en image lente, celle d’un terrain vu du ciel. Dans un équilibre constant, un va-et-vient continu aux cadences non imposées révèle un nouveau sens à chaque niveau, sans jamais se livrer définitivement. C’est la trace d’une chorégraphie dévoilée où les lignes se multiplient comme des rhizomes sur la surface du papier. Les points de vues inattendus nous glissent vers la rêverie bercée par un vertige, du néant à la présence, de l’absence à la signification, l'ensemble générant une tension créatrice.
Pour cette artiste peintre plasticienne née à Beyrouth, il n’y a pas d’identité fermée ou de territoires clos. Sans frontières, entre sphère intime et espace partagé, elle interroge en permanence les relations de…
Articles récents

Valentin Arthur Dubois, du procédé à la spontanéité

Son travail retient d’abord le procédé. Il est entièrement dévoué aux technicités de la matière et de la couleur dont cet ancien graphiste se laisse disposer.
Il réalise au préalable des croquis pour appréhender la répartition des masses et des couleurs et laisse les lois de l’aléatoire guider sa démarche. Après une lente agonie du motif et son aboutissement à l’abstraction, l’artiste se défend désormais de n’établir aucun concept en créant des dispositifs qui acceptent l’imprévisibilité comme mode opératoire. Hasards et errances se confrontent à la maîtrise. Cette manière de dompter la fuite et la persistance de l’inconnu n’autorise aucune forme d’exubérance.
Du libre arbitre à l’automatisme, la peinture acrylique est projetée sur des bâches en plastique enduites d’huile. Cette surface pelliculée, une fois séchée, est froissée puis déposée sur la toile afin de créer des formes aléatoires qui prolifèrent. Le collage devient infiltration laissant ces indices entretenir un lien physique…

Théodora Bernardini, réminiscences naturelles

Sa peinture est directement connectée au processus de la mémoire pour faire ressurgir ses sensations de nature. Elle en ressent les composantes profondes en lien avec les résurgences de l’enfance.
« Mon grand-père Théodore avait en Loraine un jardin féerique où fleurs, rosiers, couleurs, parfums, saveurs se mélangeaient. Ce jardin imprimé dans ma mémoire m'a toujours fasciné.  Je tente aujourd’hui d'interpréter ces ressentis de mon enfance. » Ses souvenirs sensoriels et affectifs laissent surgir les réminiscences d’un extérieur enchanté qui devient celui d’un parcours intérieur. Une somme de phénomènes, de mouvements et de correspondances. Ces morceaux de paysages sont autant de catalyseurs de récits possibles entre zones de flou et de détails plus nettement définis, là même où l’ornement masque autant qu’il dévoile. Entre références et substances, la narration sort du cadre et laisse l’histoire se poursuivre.
L’expérience qu’elle souhaite raviver a trait au domaine de l’ailleur…

Caroline Veith, entre la catastrophe et le carnaval

Par sa pratique du dessin, elle trace des correspondances narratives entre les réalités sociales de son quotidien et les fictions de la tradition du conte.
« Le dessin est relié au papier, c’est un lien avec le tracé, l’écriture. » Ses œuvres sont des représentations narratives réalisées avec humour et subtilité en équilibre constant entre la maîtrise du geste et l’improvisation. « Au départ, je travaille à vide en laissant glisser mes plumes à réservoir qui me permettent de dérouler le trait comme une écriture automatique. » Ce langage spontané au tracé systématique, probablement influencé par son parcours aux Arts Appliqués, se construit selon une multitude de juxtapositions de scènes aux détails minutieux.
L’artiste sait indéniablement raconter une histoire. Lorsqu’elle ne grave pas, elle utilise le Posca, le pinceau mais aussi des outils plus fins comme la plume qui lui permet avec l’encre de chine de dessiner sur polyester translucide. Le support est ensuite apposé sur papier blanc…

Pascal Thebault sous la trame du réel

Les œuvres de Pascal Thébault frappent par la subtilité de leur rapport à l’équilibre dont elles semblent être les trames poétiques d’un réel en perpétuel mouvement. Sa pratique applique la méthode de l’écaillage du réel. C’est d’abord une expression libre face au paysage de la baie du Mont St Michel. La surface est ensuite scandée par une trame constituée de lignes, mesurant l’espace et apportant une « physicalité » picturale. Elle prend forme selon un système de grilles, de croisements. Cette représentation structurelle parvient à révéler une esthétique réinventée. Les intersections s'unissent et sont en soi une forme résolue de détermination, la promesse d’une continuité. Elles recensent de curieux désordres du paysage, qui sont aussi des ordonnancements et d'infimes déplacements entre ciel et terre.
Éléments de transition, elles mettent simultanément en évidence présence et absence, créent des creux, réduisent à zéro, font place au vide et, finalement, montrent les manque…

Marina Cartiant, " Lux mea lex : La lumière est ma loi." *

Pour cette nouvelle installation l’artiste a souhaité " faire rentrer le dehors dedans" en se concentrant sur les thèmes de la lumière, des messagers et de la transmission.
 La lumière circonscrit l’espace, l’atmosphère. En définissant les pleins et les déliés des volumes, elle suspend le moment et donne du poids à l'ombre fugitive. L’installation est présentée dans un espace clos où la lumière artificielle des spots fixés sur les murs de la salle d’exposition se lie à la lumière naturelle. La voûte en arc de cercle du site permet de par sa forme de capter les rayons d’un soleil rasant en exploitant les qualités spatiales et sensorielles de la lumière quel que soit son spectre d’émission et ses longueurs d’ondes. Ces jalons lumineux indiquent les chemins vers l’espace, la profondeur, l’infini. 


L'artiste crée un monde qui exhibe ses éléments constitutifs. Elle s'empare du territoire en diversifiant les matériaux et les échelles avec toujours cette distance entre…

Nathaniel Attar, l’art de consommer

Il interroge notre rapport à la société de consommation à travers un objet familier, ordinaire, produit en série, standardisé qu’il transforme en œuvre d’art. Parcours de l’ordinaire à l’extraordinaire…

Nathaniel Attar peint à l'acrylique, use parfois du pochoir et procède à la découpe de canettes qu'il colle et cloue ensuite sur sa surface. « Chaque élément est fixé sur un petit support qui permet de donner du relief à l’œuvre et de laisser retranscrire la légèreté du matériau. »
Il s'agit de mettre en évidence le caractère sculptural de la canette au travers d’un prisme critique défiant sa forme et sa fonction.  Peinte, fragmentée, récupérée, recyclée, découpée, pliée et façonnée, la canette, suit un nouveau cycle de vie.
« Les canettes sont pour moi le vecteur du concept "Humanfuel"; le contenant de toutes les essences et carburants de notre société. Elles sont partout(...)Lorsque nous consommons ce produit, nous sommes séduits par son contenant avec ses codes co…