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Articles

Oriane Sossah : la fabrique sensible d’un monde intérieur

  Alain Delon vu du 22, 2024, a crylique sur toile tendue,  140 x 100cm Artiste émergente sur la scène contemporaine parisienne, Oriane Sossah construit une œuvre qui se lit autant qu’elle se ressent. Ses peintures, dessins et créations numériques ne cherchent pas la démonstration, mais l’expérience : elles ouvrent un espace de perception où la couleur, la texture et le geste deviennent les vecteurs d’une émotion subtile, souvent indicible. Dans un paysage artistique saturé d’images, l’univers de l’artiste propose une pause, une brèche, un tremblement — quelque chose d’essentiel qui cherche à se dire. Une trajectoire singulière devenue langage artistique Le parcours d’Oriane Sossah ne ressemble à aucun autre. Venue du droit et du management, elle a glissé vers l’art par nécessité intime, par besoin vital de transformation. Cette trajectoire, loin d’être anecdotique, irrigue toute sa pratique : son rapport à la création est structuré, ouvert, transdisciplinaire. Elle ne cloiso...
Articles récents

Un monde en éclats : les collages de Joëlle Isnardon

C'est quoi ton problème ? Les collages de Joëlle Isnardon frappent d’abord par leur éclat : un éclat littéral — celui de l’Altuglass qui intensifie les couleurs, magnifie les détails, gomme les aspérités du papier — et un éclat narratif, comme si chaque œuvre jaillissait d’une explosion minutieusement orchestrée. Car chez cette artiste, le chaos n’est jamais désordre : il est construction. C’est un chaos réglé, un « mouvement arrêté » où chaque fragment semble suspendu dans un instant filmique, juste avant que l’histoire ne reprenne son cours. Le théâtre des images On entre dans un collage de Joëlle Isnardon comme dans une scène déjà en mouvement. Ses compositions multiplient plans et lignes de fuite, jouent du haut et du bas, ouvrent des perspectives urbaines ou marines, et l’on suit volontiers la trajectoire d’une figure féminine soudain figée — directionnelle, presque chorégraphique — qui offre au regard un point d'appui humain au sein du tumulte visuel. L’artiste parle ell...

Philippe Gillotte : la lumière comme langage, l’instant comme vérité

Copyrights : Philippe Gillotte Chez Philippe Gillotte , la photographie se vit comme une traversée : celle d’un homme dont le regard s’est formé à la croisée des Beaux-Arts, de la technique et de l’instinct.   Son œuvre, à la fois multiple et cohérente, témoigne d’un engagement profond envers la lumière – non pas comme simple condition visuelle, mais comme matière vivante, vecteur d’émotion et révélateur d’humanité. La lumière sculptée Chaque image de Philippe Gillotte semble respirer. Il y a, dans sa manière d’apprivoiser la lumière, quelque chose de presque pictural, héritée des maîtres qu’il admire — de Johannes Vermeer, pour la précision et la douceur de la lumière, à Zao Wou-Ki, dont la peinture abstraite inspire sa sensibilité aux nuances et aux transparences. L’artiste n’éclaire pas : il sculpte. Qu’elle soit rasante ou diffuse, naturelle ou artificielle, la lumière devient langage. Elle modèle le réel, en révèle la texture et lui confère une profondeur émotionnelle rare. Ce...

Marie-Charlotte de Coincy, le souffle des terres intérieures

Déclin du jour, acrylique sur toile, 92 x 65 cm, 2024 Une peinture du mouvement, de l’émerveillement, esthétique et contemplative, née de la joie du quotidien et de “l’extraordinaire de l’ordinaire”, portée par les terres ensoleillées qui ont forgé son regard.   Certaines œuvres possèdent la mémoire du soleil. Elles portent en elles les rumeurs des places espagnoles, les couleurs vibrantes d'Amérique latine, les nuits chaudes où la fête se déploie comme une liturgie populaire. La peinture de Marie-Charlotte de Coincy naît au cœur de ces territoires auxquels sa vie l’a tant liée. Elle a enseigné les mots de l’Espagne avant d’en peindre la lumière. Elle a transmis la littérature de l’Amérique latine avant d’en incarner la chaleur dans ses toiles. Ces influences nourrissent aujourd’hui une création où le mouvement, la joie et l’intensité deviennent quête de liberté. Ce même élan irrigue ses variations autour de la course landaise où le corps défie l’instant, comme dans ses paysa...

Véronique Massie : Alchimiste du visible et de l’invisible

  GEOMETRY OF THE SONG OF THE BEES 05/2024 - 121X125CM Véronique Massie s’inscrit dans cette lignée singulière d’artistes pour qui la création dépasse le geste pictural pour devenir un acte de canalisation, presque sacré.    Un processus intérieur Chez Véronique Massie, la création est un élan vital et spontané. Depuis l’enfance, elle ressent une connexion profonde avec l’invisible, faite de perceptions extrasensorielles, d’une sensibilité aiguë à ce qui échappe aux sens ordinaires. Cette faculté de « canalisation consciente » – lui permet de recevoir symboles, messages – et donne progressivement naissance à son processus artistique unique : Invisible Light Process.  Après avoir longtemps contenu ces expériences, un retour décisif à l’âge adulte l’amène à explorer les champs énergétiques, et à retranscrire dans la matière ce qui lui était transmis. Le métal, loin d’être un support anodin, s’est comme imposé à elle. Elle y dépose des informations ...

Jean-François Simier, quand la lacération devient mémoire

Ogygie En 2024, Jean-François Simier a décidé de trancher dans sa propre œuvre. Littéralement. De découper ses peintures. Non pas dans un geste de rejet ou d’autodestruction, mais comme une forme de protestation symbolique contre un esthétisme lénifiant, cet adoucisseur de réalité qui alimente notre quotidien d’images « jolies » mais vides, de surfaces plaisantes mais sans fond. Cette série, Lacération Antonyme , à la fois radicale et profondément méditative, s’inscrit dans une tradition artistique de subversion poétique, dans l’héritage revendiqué de Jacques Villeglé, autre breton, signataire du manifeste des Nouveaux réalistes. À la différence des pionniers de cette mouvance qui détournaient des matériaux extérieurs à leur pratique (affiches urbaines, publicités, slogans politiques), Jean-François Simier retourne la méthode sur lui-même. Ce n’est pas la rue qu’il lacère, mais ses propres tableaux. Chaque composition repose sur des impressions haute définition de ses peintures à l’hui...

Chantal Robillard : les signes du vivant

Chez Chantal Robillard, la peinture n’est jamais figée. Elle est respiration, élan, vibration continue. Un langage en devenir, sans cesse en train de naître, d’évoluer, de se révéler. Depuis l’enfance, elle peint non pour apprendre une technique, mais pour chercher une vérité intérieure, une manière d’entrer en résonance avec le monde. Sa pratique s’inspire de la calligraphie extrême-orientale : un art du geste juste, de l’écoute, de la transmutation, nourrie de l’enseignement d’un maître coréen. Dans son travail, le signe ne se limite pas à un effet plastique ou à une abstraction décorative. Il puise ses racines dans les formes premières de la nature : les pierres, les constellations, les empreintes, les traces animales. Ces signes originels, que la main de l’artiste capte sans les figer, deviennent les matrices sensibles d’un monde vivant, structuré par le souffle, le rythme, le lien invisible entre les choses. Chantal Robillard ne reproduit pas la nature : elle accompagne sa croiss...