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Articles

Catalin Guguianu, contre la dictature esthétisante du concept

           " Selfie to Paname ", détail - " Trinity ", 2012, technique mixte sur papier, 65 x 65cm Artiste mercenaire et protéiforme, Catalin Guguianu se libère de tout carcan pour se réinventer sans cesse. Il partage sa vision sociale et amusée en s’attaquant à ses installations comme à des territoires à conquérir où se confrontent l’esthétique et le concept. Traversé par un intérêt pour la conception de dispositifs visuels, Catalin Guguianu invite le spectateur à déceler les indices nécessaires. Chacun des ses projets est conçu comme un voyage initiatique autour d’un scénario graphique. En endossant les habits de l’artiste explorateur, il observe, pointe et pratique avec un humour distancié. Le détournement est son fil conducteur. Il adopte autant de formats que d’occasions de mutations. S’emparant ainsi de la diversité des médiums pour dérouler des paysages infinis en grand format constitués de modules de 40 à 100 pièc...

Jacky Gras faiseur de formes

Il aime la forêt, être entouré d'arbres, c’est pour lui un véritable sentiment de protection. Les pieds bien ancrés et la tête dans les étoiles, Jacky Gras sculpte le bois, cette matière vivante et tactile qu’il s’approprie en variations infinies. « On peut travailler le bois avec le veinage où s'en affranchir, jouer facilement sur les textures. Brûler, griffer, teinter, polir, cintrer, assembler, insérer du métal… C'est une matière que je comprends, avec le temps. » L’artiste fait se rencontrer la fragilité de la nature, du bois et la rigueur du métal dans un équilibre maîtrisé. Sans idée préconçue, sans thème au préalable, il laisse courir son imagination. « Je ne suis pas influencé par la forme du bois, je m'en détache même. Au départ c'est purement imaginaire, quelques courbes éparses au fil des jours se structurent, finissent par s'imposer et deviennent même envahissantes. » Jacky Gras sculpte vers un destin imprévisible, il fait dévier l’o...

Claude Fougerousse, « Black & White »

Black&White Nu 8, acrylique sur toile, 162 x 97 cm, ADAGP Son œuvre est un corps, un mouvement en soi. La première étape est toujours une capture. Pour sa série B&W, Claude Fougerousse exploite la gestuelle de son modèle pour en extraire le caractère, la tension. Il est attentif au moment, à l’affût de l’instant où le corps apparaît sous une certaine contorsion. « Le corps féminin, je peux idéaliser ses courbes, les modeler à ma convenance en tirer une grande expressivité pour tenter de mieux en découvrir les mystères. » Avant de poser l’acrylique noire, sa couleur du moment, l’artiste réalise ses premiers traits au feutre noir sur la toile blanche. Pinceaux brosses et éponges à deux faces lui permettent ensuite de modeler le noir à sa convenance et de retrouver la virginité initiale de la toile. L’ombre et la lumière comme matières premières 
 « Depuis toujours je suis attiré par l’ombre et l...

Bruno Clochard, "Réalité Augmentée"

(1) La série "Réalité Augmentée" de Bruno Clochard nous plonge dans les origines de la photographie argentique et nous transporte vers un voyage esthétique, technologiquement transformé, d’une autre dimension.     L’artiste utilise des plaques de verres photographiques au gélatino-bromure d'argent où la photographie apparait en négatif. Au format 6 x 9 cm et 9 x 12cm, elles datent de 1898 à 1942. Il s'agit de scènes de familles, bourgeoises, catholiques, dans leur vie quotidienne, en vacances ou en pèlerinage religieux. Pour déstructurer ces témoignages d’hier et leur donner toutes autres suggestions, son procédé est un savant équilibre d’aller-retour entre le support réel et sa transformation virtuelle, entre l’indispensable aléatoire et la maîtrise technique de la photographie, la gravure, la peinture et l’art numérique . D’abord la photographie se dématérialise par le scanner. Puis l’artiste grave à la pointe métallique sur la surface du bromu...

Fady Ferhi, voyage vers l’Eternité

"Born 30 Years  Ago"  Acrylique et pigments sur toile  30x30  (Février 2016)   Sa vie entière est une toile mélangée de douleurs et de couleurs… Trop cloisonnée par les frontières du figuratif, Fady Ferhi a choisit l’abstrait pour exprimer sa quête d’évasion, entre le réel et l’au-delà. L’art a toujours été présent. Mais issue d’un monde où il n’avait pas sa place, l’artiste a attendu avant d’assouvir son besoin réel de s'échapper, de s’exprimer différemment. Le déclic fût la perte d’un être cher.   « Depuis qu’il s’en est allé, la peinture est pour moi une façon de le retrouver.   Je cherche un visage, un regard… Je lui avais promis de voyager. J’ai beaucoup voyagé et aujourd’hui je m’évade à travers mes yeux et la peinture. » Ses peintures nous transportent littéralement dans un monde abstrait et contemplatif. Mais nous traversons pourtant chacune de ses toiles en y voyant quelque chose. Dictées par l...

Ofil, paysages fugaces

Éternité, gouache, 70 x 100 cm Ofil illustre la relation essentielle qui lie le paysage au regard humain . Sa touche figurative laisse toujours place à l’imaginaire pour peindre les lieux de sa région, la Bretagne, là-même où la mer, la terre et les cieux sont aussi splendides que fugaces, expressifs à l’infini. « J’aime les ciels chargés et les risques induits. » Un ciel, une île, des haies, une falaise, un port, un bateau échoué…   Dans sa pratique du paysage, le peintre questionne la représentation du réel et la relation à l’espace dans lequel le regard se projette. Il n’appréhende pas le paysage dans son entièreté, mais le présente comme un fragment, une pièce isolée d’un ensemble géographique plus vaste. Il transpose généralement d’une perspective assez éloignée comme s’il souhaitait en repousser toujours plus loin les limites. Avec ce point de vue en retrait, la scène acquiert un nouveau statut. Entre le céleste et le terrestre, ...

L’alchimie poétique de Chantal Dufour

Son goût pour la matérialité du support, la couleur, la vibration des lignes et des formes, révèle l’alchimie d’un potentiel à la fois symbolique et abstrait. Fascinée par les fresques de l’art pariétal, des murs peints et abîmés par le temps comme ceux de Pompéi, l’artiste cherche un effet de relief en travaillant certaines toiles pour y assembler différents éléments tels que le sable, la sciure, le papier de soie, le carton, le plastique ou encore des circuits électroniques, puis les recouvrir de blanc. Après cette première étape, une ligne simple et sinueuse naît en s’inspirant de la surface irrégulière. La couleur vient ensuite. « La vision de loin du tableau m’intéresse par le mouvement d’ensemble qui s’en dégage, comme d’une carte géographique. » Ses œuvres se construisent selon un processus logique, presque par elles-mêmes et peuvent s’envisager comme des structures arithmétiques, des jeux abstraits de l’esprit. « La ligne simple ...