Accéder au contenu principal

Articles

Evelyne Huet, Frères Humains

L’exposition Frères Humains* conçue comme un Memento mori, un parcours esthétique, appelle à la fraternité et à la spiritualité pour surmonter les craintes des Hommes. Le titre de l’exposition est un emprunt au poème de François Villon La ballade des pendus rédigé sous forme de testament où les morts s’adressent avec ironie aux vivants afin de solliciter leur pitié, leur indulgence et leur pardon. Evelyne Huet est une artiste humaniste qui touche quelque chose d’universel. C’est avec une sincérité frémissante et amusée qu’elle rassemble ici une galerie de portraits sous forme de fragments de l’humanité. Peints au doigt sur tablette numérique puis imprimés sous Diasec, les Frères Humains sont des représentations dématérialisées, absorbées par leurs formes et leurs conditions accidentées qui s’affichent telles des présences évanescentes. Leurs visages effacés expriment leur impossibilité de dire. Les lignes se plient à l’exigence de l’éclatement et à la ...

Eric PETR [ a.m.o.u.r. ... ] abandon, mouvement, ouverture, univers, renaissance

«  L’ a . m . o . u . r . est une onde qui traverse les galaxies et irradie notre subconscient. Avec cette série, j'ai voulu me rendre au cœur de cette vibration pour capter cette énergie formidable.  » 36 photographies numériques faisant référence aux 36 visions de Jean dans l'Apocalypse ont été prises sur le vif en mode manuel sans utiliser la mise au point automatique et en contrôlant la vitesse et le temps de pause. Elles sont éditées sans retouches et imprimées par les propres soins du photographe sur des papiers d'art épais aux structures mates ou barytées. De l’expérimentation à la contemplation, du flou à la netteté, de l’éblouissement à l’obscurité, Eric Petr utilise les propriétés de l’accident pour en révéler l’éventail des possibles. La lumière et le temps sont la matière première de son œuvre qui traite du « ça a été » ; une suspension du moment comme l’analysait Roland Barthes. Une croyance spontanée attestant matériellement ...

Jean-Marc Pouletaut, de la surface à la profondeur

Sous la densité des pigments et des contrastes, guidé par des principes de cadrages et de superpositions, i l joue des codes pour mieux en montrer l’arbitraire. En 1988 à la Villa Arson à Nice, où il a été initié à la recherche en art contemporain, il créé la Toile Hypertrophiée. Jean-Marc Pouletaut utilise le rouleau mousse pour avoir une couleur dégradée et travaille à l'envers de la toile de moustiquaire. « La toile de moustiquaire permet de répandre la peinture de manière aléatoire sous la forme de traces dans les infinis petits carrés du support (…) Chaque couleur correspond à une couche monochrome de peinture. » Dans ce jeu de grilles il ordonne, hiérarchise et laisse s’accumuler les preuves ; une multitude de points comme autant de traces d’une enquête en cours dont les pistes restent en suspens. Ces petits indices colorés constituent un conglomérat enchevêtré d’une étonnante expansivité. La manière très délicate et fluide de procéder ...

Emmanuel Bour, figures hybrides  

  Facing the darkness D’un réalisme appuyé, ses figures ont la force d’un métissage réussi entre l'art statuaire occidental, l’inspiration rituelle tribale et l’esthétique futuriste. Leur puissance évocatrice provient de la force de vie qu’elles recèlent en elles. Emmanuel Bour sculpte : « l'humain et ses stratégies de survie, ses quêtes, ses obsessions, ses angoisses, ses joies, ses vulnérabilités, toutes différentes selon l'endroit où il naît, où il vit, selon sa condition sociale et ethnique. » l’élan vital créé des résonnances. Une esthétique onirique surgit portée par cette réflexion sur les codes et les appartenances. Les sculptures en bois de peuplier sont réalisées en taille directe, sans dessin, modèle ou modelage. Quelques ajouts d’objets, de patines à base de suie, de terre, de cires peuvent s’ajouter mais restituent systématiquement la perception du bois originel. Porté par la densité du matériau, le réalisme anatomique s’appuie sur d...

Marie-Rose Atchama, de l'innocence à la maturité

Cette série réalisée à l’huile sur toile retrace l'histoire d'une évasion vers les souvenirs de l’enfance qui aboutissent par la force des choses au discernement du réel et du rêve. « Sur la base de mon vécu, de ma réalité, j’ai voulu de manière symbolique, spirituelle et imaginaire, traduire les années de ma tendre enfance dès l’âge de 6 ans jusqu’à l’entrée dans la vie d’adulte vers mes 20 ans. J’y ai figuré mon âme guidée par une certaine intuition qui m’a permis de m’extirper de situations parfois dangereuses. » Marie-Rose Atchama recrée un lieu fantastique, particulièrement enchanteur où la diversité extraordinaire des paysages semble d'une beauté presque surnaturelle. Là-même où l'on peut avoir peur un instant puis se sentir rassurer. Volutes sucrées, arabesques abstraites, du suggéré à l’évident, tout semble exister dans cette nature qui offre autant d’images que de mirages. C’est dans cette contrée vallonnée, belle et opulente où l’harmonie...

Eve Stein, constellations urbaines

Résonnance, plaque 40 x 40 D’une minutie extrême, ses aquatintes non figurées figent ses impressions personnelles inspirées d’espaces urbains, de nébuleuses aux lignes citadines, anonymes et intemporelles. « Toutes les formes visibles me servent… En particulier celle de la ville. » Cette artiste qui a toujours dessiné et peint, trouve dans la gravure un aboutissement, une catharsis esthétique. « Une fois que l’on a goûté à la gravure, on ne peut plus s’en passer. » Elle dessine au préalable le motif au pinceau, exclusivement sur plaque de métal puis vernit avant d’imprimer et figer le motif sur un papier épais. Empreinte de rigueur technique, elle sait tracer avec exactitude et sans instruments des lignes droites ou des cercles parfaits. Cet idéal de perfection et de précision du trait façonne son œuvre. Quelques fragments arrachés de son imaginaire mettent en évidence la présence et l’absence. « Je laisse venir le hasard car il est touj...

Le minimalisme systémique de Jean-Luc Manguin

  164 formes linéaires contraintes de la grille 3x3", encre sur papier A3, 2016 Jean-Luc Manguin interroge les lignes, les grilles, les formes géométriques avec la volonté d’en révéler l’importance esthétique. Son approche cherche à identifier le système pertinent par une intervention minimaliste, poétique qui se livre à l’imaginaire de chacun. Son travail préalable de calculs sur ordinateur lui permet de créer et moduler la forme au crayon graphite, au feutre à encre de Chine, ou encore à l’acrylique sur papier. Le procédé logique, arithmétique laisse émerger une présence récurrente : le carré. L’artiste l’ envisage comme une figure proche, intime, ludique, porteuse d’une réflexion sur les conditions d’émergence du visible ; sur ce qui se donne à voir. « L'ordinateur m'aide à inventorier les possibilités des systèmes qui m'intéressent, principalement basés sur la suite des nombres entiers, et sur des figures rem...