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Articles

Jeff Saint-Pierre, continuum vertigineux

Diplômé des Beaux-Arts de Grenoble suite à une formation d’art contemporain et conceptuel, Jeff Saint-Pierre sculpte l’acier, plus particulièrement le fer à béton, additionné parfois à d'autres matériaux de construction comme le béton cellulaire ou encore la mousse polyuréthane. Les dessins sont nécessaires pour les grands projets. « Il y a toujours des quantités de projets en effervescence et en maturation… Lorsque le mouvement me convient, me surprend ou me fait rire, je sais que j’ai atteint le point de finition. Il n'y a jamais d'équilibre, uniquement du déséquilibre, je repousse toujours plus loin la limite de la rupture. Symboliquement l'équilibre est la mort, le déséquilibre ou mouvement est la vie. » Le sculpteur réussi ce tour de force d’associer l’acier à la légèreté, un véritable pied-de-nez au caractère difficilement flexible du matériau. Baisers volés, 2012, 4,5 mètres Ses sculptures donnent à voir une pesanteur. Entre stabilité et...

Philippe Pagani, le réel embrumé

Out of Paradise, Huile sur toile – 60x81 – 2014 Philippe Pagani peint à l’huile sur châssis toilé, coloré au préalable généralement sous des tonalités ocres. Il rappelle ainsi délibérément le lien du portrait à la peinture. Le fond est ici un écho du tableau et de l’art du portrait. Il travaille au pinceau et avec ses doigts. Quelques interventions au couteau se notent pour le raclage et l’insertion d’enduit de peinture avec des épisodes d'essuyage de la toile par endroit à l’aide d’un chiffon, de l’essence térébenthine ou du White-spirit. Son œuvre, profondément ancrée dans le réel, s’installe dans la poursuite d’une trajectoire née de sa mémoire et de ses rencontres. L’artiste affectionne les scènes puisées lors de voyages qu’il a prit soin d’immortaliser sur photographie comme au Sénégal sur l'île de Gorée. Ce sont des tranches de vie où les personnages de différents horizons se rencontrent, se croisent, vivent ensemble. Son penchant pour l...

Patricia Ruiz Garcia, la note bleue

Sa peinture se lit comme une partition picturale, comme une correspondance entre le son et la couleur. Pour sa série La musique pour un chemin vers soi , Patricia Ruiz Garcia traduit dans son propre langage plastique ses rencontres musicales. La musique, elle ne sait pas l’écrire mais elle l’accompagne. Au gré de promenades, elle photographie des musiciens et reproduit la scène sur toile de lin à l’acrylique. « Un récent voyage aux Etats unis m’a permis de faire de belles rencontres. Dans un Jazz Club de Greenwich Village, un trompettiste manchot s’est lancé dans une impro avec un batteur et un jeune contrebassiste. Ils ont fait corps avec leur musique. Les musiciens sont dans leur monde, loin de la réalité matérialiste. La musique leur   permet de se frayer un chemin vers soi. » L'artiste a un objectif précis lorsqu’elle peint ; celui de retranscrire sur toile son émoi intérieur. L’écoute de soi et l’instinct deviennent essentiels.   ...

Eric Migom, libertinage pictural

Le nu et plus particulièrement le nu féminin occupe une place importante dans l’œuvre d’ Eric Migom. L’artiste est en effet fasciné par le corps humain, par sa précarité et par les pulsions dont il est l'objet.  L'homme et la femme. « Dans la série Les Libertins, mes personnages sont aussi bien réels qu’abstraits. Ils représentent ma vision de l’être humain, de la femme, complexe et fascinante. Ces émotions fortes questionnent le premier des débats : la relation entre la femme et l’homme. En soi, le monde intime qui nous habite tous. » Pour évoquer son libertinage pictural, Eric Migom utilise une technique et des supports mixtes à l’encre de Chine sur papier coton 300 grammes Arche, ou à l’acrylique sur bois ou sur toile. Il affecte le réel sans le pousser vers l’abstraction. Son style personnel se caractérise par le dépouillement de la forme, la sobriété du contenu et l'utilisation d'arrière plan neutre, sans ornement, sur lequel le ou les personnages...

Geneviève Nicolas, faille révélée

Sur une toile de lin préalablement encollée, elle étale de manière aléatoire l’acrylique, afin de créer un terrain propice au travail à l’huile. Une matière qu’elle apprécie pour sa sensualité. Ses gestes s’enchaînent et se superposent pour tracer et sillonner l’espace dans l’insaisissable. Geneviève Nicolas joue la carte de l’abstrait pour mieux se libérer. « L’abstrait m’offre une très grande liberté. Je peux laisser parler quelque chose de moi que j’ignore et qui s’étale ainsi sur la toile, sans l’ombre d’un complexe, d’une quelconque censure. »  Ce besoin de liberté la pousse à créer son propre monde, à revendiquer sa subjectivité sous un défi qui partage quelques interrogations. Pendant qu’elle pose le regard sur la toile, elle cherche comment et par où tenter l’incursion. « Instant méditatif, dans le silence et dans l’attente, je scrute la toile à la recherche de l’accident par où entrer. J'invoque le mystère jusqu’à ce qu’une logique se dégage, une logique ...

Patrick Telot, tension horizontale

Patrick Telot travaille à l’aventure mais l’aléatoire et la surprise picturale sont conduits par une ligne directrice. Une ligne d’horizon scande la toile et fabrique une structure sol-ciel, une mince frontière qui révèle l’existence de réalités invisibles et inconnues. Sa peinture aboutit de manière épurée à une abstraction radicale et élégante. La ligne accentue l’effet de miroir, l’impression de rapprochement. Il n’est pas question de rupture mais de mis en lien. C’est une « reliance », un axe de toute construction, du ciel vers la terre. « Je travaille par lignes de force. La ligne est une base visuelle contemplative qui permet l’immersion dans un paysage vers des plans de fuite. » L’artiste place son fond à l’acrylique puis peint ses effets de textures, d’empâtements et de modulations à l’huile par ajout et retrait. Le badigeon épais, son outil de prédilection, se soustrait au pinceau, au couteau, au chiffon, au racloir ou même ...

Nadyn Kuntz, matrice idéiste

Elle travaille exclusivement à l'huile sur toile de lin au pinceau levé. Sur la base d’un jus de couleur rouge, des tâches se forment de façon aléatoire et lui servent de matrice pour fabriquer un spectacle symboliste digne de la fin des temps et du recommencement. Nadyn Kuntz construit des scènes où les créatures grouillent et remuent, où les anges et les démons côtoient les hommes, où les corps se fondent dans les visages. Elle enrobe, superpose et relie pour mieux souligner les correspondances visibles.   “ Les sujets que je peins n'existent pas. C'est le hasard des taches qui me sert d'inspiration ; Mon œil construit inconsciemment la scène avec ce rouge comme source d'inspiration qui symbolise pour moi le berceau de la vie. J’illustre la douleur, la folie, l’enfantement… La femme occupe toujours une place essentielle pour raconter la vie, avec ce qu'elle a de beau, mais aussi avec ses peines et ses douleurs.” Son récit figuratif...