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Articles

Emmanuel Aube, à la pointe du sublime

La sculpture s’est imposée à lui pendant un séjour en Polynésie. Sur l’île de Moorea, pendant cinq années, il travaille l’art océanien. De retour en France, inspiré par la perle de Tahiti, Emmanuel Aube devient artisan d’art, il crée des bijoux, grave et cisèle des couteaux, avant de revenir à   sa véritable passion ; la sculpture, mais sur un tout nouveau terrain d’expression : le stylo. Il utilise des blocs plume ou roller comme supports d’un procédé technique sophistiqué où le détail et la minutie sont de rigueur. La conception d’un stylo est une suite d’étapes étudiées chacune avec soin. Entre l’invention technologique et la tradition, son procédé préserve ses secrets de fabrication. Le minuscule est sublimé sur des matériaux nobles et de grandes qualités comme l’argent, le bronze,   l’os , le rostre de marlin ou encore l’ivoire de mammouth fossilisé. « Mon univers, c’est la minutie ! Cela vient probablement de mon passé de music...

Kathy Le Vavasseur, eaux vives

Kathy Le Vavasseur montre et transforme la matière comme ressentiment de son vécu. Elle se l’approprie pour mieux la détourner et la fusionner avec une autre. L’encre, la peinture, la résine, le textile, le verre, la terre… Son terrain d’expression plurielle s’exprime sans frontières. La terre qu’elle modèle de façon novatrice et expérimentale pose la question essentielle d'un nouvel ancrage du matériau ancestral. Un désir organique à la recherche de la source et de l’identité. Bercée et chahutée dans son enfance par les eaux du Mékong, Kathy Le Vavasseur a gardé en mémoire la magie de la lumière, les effets du vent, les ondes et les remous tumultueux du fleuve et de son pays - le Vietnam- qu’elle a été contrainte de quitter. «Je m’inspire des éléments naturels et en particulier de l’eau qui évoque toute mon enfance passée sur les bords du Mékong. Là-bas, où l’on s’émerveille qu’à la surface de cette eau limoneuse et opaque, émerge une végétation mag...

Anne Fioux, romantisme furtif

Femme adossée contre un lit (PB_N10) - Pastel sur bois ciré - 60 x 80 cm Anne Fioux travaille le bois au couteau ou au pinceau. Ses dernières séries délaissent la toile vers des supports plus sculptés, des paravents, des cadres de miroir. Le support est choisi pour sa qualité à révéler. L’artiste a cette manière de travailler le contenant pour creuser les espaces. « Je rajoute de plus en plus de matière naturelle à base de bois. Je sculpte car j’aime les tableaux en relief, en plusieurs couches pour donner de la profondeur. Mes œuvres sont réalisées entre deux et quatre mois, le bois est une matière qu’il ne faut pas brusquer. Il faut lui laisser le temps de faire ressortir la couleur. » Anne Fioux joue la carte de la synchronie, le résultat du temps sur la matière, les correspondances entre une construction et une émotion. « On ne prend plus le temps de regarder la beauté qui nous entoure. Se dire que l’on a cette chance. La femme est, encore de nos ...

Jeff Saint-Pierre, continuum vertigineux

Diplômé des Beaux-Arts de Grenoble suite à une formation d’art contemporain et conceptuel, Jeff Saint-Pierre sculpte l’acier, plus particulièrement le fer à béton, additionné parfois à d'autres matériaux de construction comme le béton cellulaire ou encore la mousse polyuréthane. Les dessins sont nécessaires pour les grands projets. « Il y a toujours des quantités de projets en effervescence et en maturation… Lorsque le mouvement me convient, me surprend ou me fait rire, je sais que j’ai atteint le point de finition. Il n'y a jamais d'équilibre, uniquement du déséquilibre, je repousse toujours plus loin la limite de la rupture. Symboliquement l'équilibre est la mort, le déséquilibre ou mouvement est la vie. » Le sculpteur réussi ce tour de force d’associer l’acier à la légèreté, un véritable pied-de-nez au caractère difficilement flexible du matériau. Baisers volés, 2012, 4,5 mètres Ses sculptures donnent à voir une pesanteur. Entre stabilité et...

Philippe Pagani, le réel embrumé

Out of Paradise, Huile sur toile – 60x81 – 2014 Philippe Pagani peint à l’huile sur châssis toilé, coloré au préalable généralement sous des tonalités ocres. Il rappelle ainsi délibérément le lien du portrait à la peinture. Le fond est ici un écho du tableau et de l’art du portrait. Il travaille au pinceau et avec ses doigts. Quelques interventions au couteau se notent pour le raclage et l’insertion d’enduit de peinture avec des épisodes d'essuyage de la toile par endroit à l’aide d’un chiffon, de l’essence térébenthine ou du White-spirit. Son œuvre, profondément ancrée dans le réel, s’installe dans la poursuite d’une trajectoire née de sa mémoire et de ses rencontres. L’artiste affectionne les scènes puisées lors de voyages qu’il a prit soin d’immortaliser sur photographie comme au Sénégal sur l'île de Gorée. Ce sont des tranches de vie où les personnages de différents horizons se rencontrent, se croisent, vivent ensemble. Son penchant pour l...

Patricia Ruiz Garcia, la note bleue

Sa peinture se lit comme une partition picturale, comme une correspondance entre le son et la couleur. Pour sa série La musique pour un chemin vers soi , Patricia Ruiz Garcia traduit dans son propre langage plastique ses rencontres musicales. La musique, elle ne sait pas l’écrire mais elle l’accompagne. Au gré de promenades, elle photographie des musiciens et reproduit la scène sur toile de lin à l’acrylique. « Un récent voyage aux Etats unis m’a permis de faire de belles rencontres. Dans un Jazz Club de Greenwich Village, un trompettiste manchot s’est lancé dans une impro avec un batteur et un jeune contrebassiste. Ils ont fait corps avec leur musique. Les musiciens sont dans leur monde, loin de la réalité matérialiste. La musique leur   permet de se frayer un chemin vers soi. » L'artiste a un objectif précis lorsqu’elle peint ; celui de retranscrire sur toile son émoi intérieur. L’écoute de soi et l’instinct deviennent essentiels.   ...

Eric Migom, libertinage pictural

Le nu et plus particulièrement le nu féminin occupe une place importante dans l’œuvre d’ Eric Migom. L’artiste est en effet fasciné par le corps humain, par sa précarité et par les pulsions dont il est l'objet.  L'homme et la femme. « Dans la série Les Libertins, mes personnages sont aussi bien réels qu’abstraits. Ils représentent ma vision de l’être humain, de la femme, complexe et fascinante. Ces émotions fortes questionnent le premier des débats : la relation entre la femme et l’homme. En soi, le monde intime qui nous habite tous. » Pour évoquer son libertinage pictural, Eric Migom utilise une technique et des supports mixtes à l’encre de Chine sur papier coton 300 grammes Arche, ou à l’acrylique sur bois ou sur toile. Il affecte le réel sans le pousser vers l’abstraction. Son style personnel se caractérise par le dépouillement de la forme, la sobriété du contenu et l'utilisation d'arrière plan neutre, sans ornement, sur lequel le ou les personnages...