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Articles

Edouard Hervé, des êtres et des souffles

Edouard Hervé sculpte comme il respire. Son art est une expiration ample et équilibrée où il évacue toute réserve. Il se réapproprie des images, des êtres et des souffles et recrée en volume son ressenti, en semblant militer pour la réduction la plus aboutie possible des formes. « L'idéal pour moi serait  de réaliser un mouvement le plus minimaliste possible en faisant passer le maximum d'émotion. Le mouvement me permet de m'exprimer sans pour autant imposer une image. Il ne me soumet pas de limite de création. C’est un mode d'expression universel ; chacun peut s'y retrouver. » Edouard Hervé axe ses recherches sur le mouvement pour libérer l’œuvre, tant physiquement que symboliquement.   Tsunami Le mouvement est signifié par ses rapports de formes et de couleurs. Il restitue le caractère instable, changeant. C’est à la fois un “jeu”, un “flamenco”, un “tsunami”, issu de son imaginaire. L’artiste joue des associations comme autant de boucles. Il ...

Abel Belachgar, associations temporelles

Orlogis Abel Belachgar travaille une technique mixte fondée sur l’intégration d'objets par le collage, le tissage, le soudage, le moulage, la peinture, la calligraphie ou encore la sculpture. « J'essaye de trouver une sorte de lien secret entre ces matières et techniques afin d’explorer toutes les interactions entre ces différentes disciplines. » Ce jeu de matériaux et de surfaces participe à   l’équilibre de l’ensemble pour créer un véritable répertoire de formes et d’idées. L’artiste utilise des composants électroniques, des éléments mécaniques et électriques issus des temples de la consommation de masse. Décomposés, détournés, ils s’insèrent de façon aléatoire sur une toile de fond abstraite, préalablement peinte à l’acrylique. Le travestissement de ces objets fait vaciller leur fonction principale usuelle en traces mémorielles. Ces nouveaux indices caractérisent l’obsolescence programmée de l’objet familier. CD, horloges, montre...

Alain Malo, « à corps » urbains

  109 Boulevard Haussmann, une devanture du 19ème siècle. Huile sur toile, 100 x 100 cm La présence du corps a toujours été centrale dans sa pratique. Sa série « Femmes dans la ville » opte pour une physicalité plus frontale où le réalisme de la nudité se dispute à l’étrange. Habituellement restreint à l’intime et proscrit du territoire extérieur, le nu apparaît ici sous un usage public, inséré dans l’espace urbain, une rue, un passage, une place… Le surgissement inattendu de la femme dévêtue, n’attire pour autant pas le regard du passant dans la scène.   “Un corps qui ne cache rien montre à l’évidence qu’il n’a rien à cacher. Il est sans mystère, pur, confronté aux personnages du quotidien, à leur complexité, aux interrogations de leurs existences et à l’espace urbain malheureusement quelquefois déshumanisé.” En imbriquant l’intime et le questionnement social, l’artiste interroge la liberté du corps, sa captation du sensible par un pur moment de re...

Alexis Jarret, le contraste de l’introspection

Parc Alexis Jarret livre au Médium des fragments de récits en relation avec la nature ; le ciel, les arbres, l’eau, les montagnes.   « Ce que je veux, c’est retrouver le Paradis perdu car L’homme porte en lui la nostalgie du Paradis. » Il invoque autant sa relation avec l’extérieur que son monde souterrain, en jouant de ce que l’image meut en lui. « Les ombres et les lumières donnent à voir une partie de l’inconscient car celui-ci s’exprime avec un langage originel, archaïque. Les images des rêves sont floues, abstraites et il faut que notre esprit conscient y apporte de l’ordre en les interprétant. » Fervent admirateur du psychanalyste Jung, l’artiste revendique la part visible de l’inconscient dans ses travaux . Une « quête de Soi » qui s’apparente à sa propre introspection. Cette double évocation du « dehors » et du « dedans » souligne un processus entièrement relié à l’âme et à l’environneme...

Patricia Prouts-labeyrie, réalité multiple

Territoires pélagiques est une série d’œuvres construite à partir de séjours ; de périodes et de territoires qui questionnent la notion du paysage et son impact sur le processus de création.  Né dans le paysage montagneux des Pyrénées Ariégeoises, le projet de Patricia Proust-labeyrie « nécessite une attitude d’auto-observation, de perception et de réception maximale entraînant plusieurs contraintes : la solitude, un lieu, une durée minimum d’un mois (…) sans intention précise, sans motivation de rendu d’un quelconque travail, avec une mise en totale disponibilité et porosité. » Cinq territoires (Ciel, Paysage, Abri, Silence, Météores) se sont progressivement élaborés avec leurs propres procédés techniques. Une créativité sous toutes ses formes pour matérialiser le lieu vécu . Peinture à l’acrylique, à l’huile, enduit mat et granuleux, végétaux et minéraux prélevés sur les lieux, cire de bougie, fixé sous verre à l’acrylique ou photos tirées sur plexiglas, écrits appos...

Emmanuel Aube, à la pointe du sublime

La sculpture s’est imposée à lui pendant un séjour en Polynésie. Sur l’île de Moorea, pendant cinq années, il travaille l’art océanien. De retour en France, inspiré par la perle de Tahiti, Emmanuel Aube devient artisan d’art, il crée des bijoux, grave et cisèle des couteaux, avant de revenir à   sa véritable passion ; la sculpture, mais sur un tout nouveau terrain d’expression : le stylo. Il utilise des blocs plume ou roller comme supports d’un procédé technique sophistiqué où le détail et la minutie sont de rigueur. La conception d’un stylo est une suite d’étapes étudiées chacune avec soin. Entre l’invention technologique et la tradition, son procédé préserve ses secrets de fabrication. Le minuscule est sublimé sur des matériaux nobles et de grandes qualités comme l’argent, le bronze,   l’os , le rostre de marlin ou encore l’ivoire de mammouth fossilisé. « Mon univers, c’est la minutie ! Cela vient probablement de mon passé de music...

Kathy Le Vavasseur, eaux vives

Kathy Le Vavasseur montre et transforme la matière comme ressentiment de son vécu. Elle se l’approprie pour mieux la détourner et la fusionner avec une autre. L’encre, la peinture, la résine, le textile, le verre, la terre… Son terrain d’expression plurielle s’exprime sans frontières. La terre qu’elle modèle de façon novatrice et expérimentale pose la question essentielle d'un nouvel ancrage du matériau ancestral. Un désir organique à la recherche de la source et de l’identité. Bercée et chahutée dans son enfance par les eaux du Mékong, Kathy Le Vavasseur a gardé en mémoire la magie de la lumière, les effets du vent, les ondes et les remous tumultueux du fleuve et de son pays - le Vietnam- qu’elle a été contrainte de quitter. «Je m’inspire des éléments naturels et en particulier de l’eau qui évoque toute mon enfance passée sur les bords du Mékong. Là-bas, où l’on s’émerveille qu’à la surface de cette eau limoneuse et opaque, émerge une végétation mag...