Accéder au contenu principal

Articles

Anne Tostivint, les chimères d’une nouvelle ère

Fascinée par les mythes et les légendes, elle se nourrit d’histoires ancestrales et de souvenirs d’enfance. Anne Tostivint utilise le dessin pour apprivoiser ses peurs qu’elle transforme en mobile sur papier découpé. A l’aide du crayon, du crayon de couleur, de l’encre de chine, du pastel, de la suie, de l’aquarelle ou encore du stylo bille, elle fabrique des pantins et d’autres poupées fétiches aux corps hybrides. Ces créatures à l’étrangeté tangible font se télescoper l’humain, l’animal, le sauvage et le végétal. Aussi loufoques qu’inquiétantes, entre féerie et cauchemar, ces représentations symboliques sont de pures fantasmagories en période de métamorphose. Les figures jouent dans l’espace avec les oxymores de l’équilibre et du déséquilibre, oscillant de l’allégresse à la tristesse, de l’apparition à la disparition, de la fixité au mouvement, jusqu’au vertige de la légèreté et de la pesanteur. Habiter un territoire ou le déplacement s'exprime de façon circulaire.  « C’est ...

Les combinaisons protéiformes de Raslain

À l’intérieur de son dispositif, la marge de liberté est grande. S’il peint à l’acrylique et à l’huile sur toile, Raslain est aussi un artiste des arts visuels.     « Je mets à profit mes formations en photographie, vidéo et art numérique pour varier les supports de création. »   Inspiré par l’univers urbain et Paris en particulier, Raslain témoigne de la ville et de ses mystères, reconstitués par filtres, mêlant le réel à l’irréel. Les silhouettes des passants, en mouvement, deviennent spectrales. Dans cet espace indéterminé, l’expérience est onirique, hypnotique. Elle se parcourt à la lecture de mutations visuelles par graduation.     Le peintre travaille par superpositions de plans, insère la couleur, équilibre les masses, ajoute, morcelle, superpose, laissant les strates s’accumuler, se combiner. Le motif lutte avec la figuration et la ligne claire en creusant le réel vers sa déconstruction. « Ma peinture est imprégnée par ces f...

Sous l’élan et l’impulsion de Didier Merlin

  Chacune de ses œuvres est une création automatique qui s’apparente à un rêve fiévreux. Un fragment, une pièce isolée d'un ensemble dont la composition se décrypte sans se prêter au jeu de la cohérence. L’artiste fabrique un contexte, un réseau d’idées picturales indépendantes qui font sens ensemble. « Je ne souhaite pas porter de messages mais juste une émotion, une fuite à rêver. »   On retrouve pêle-mêle Tintin, un astronaute, des business women pressées, des migrants, des fourmis, des chiens, des masques et d’autres nains de jardin qui gravitent au sein de projections personnelles, semblant jaillir de l’esprit de l’artiste par profusion. Didier Merlin a passé son enfance en Afrique et sa jeunesse en Suisse. Son discours narratif naît parfois d’une image issue de l’actualité ou parfois de ses propres souvenirs. Il fait apparaître les injustices en filigranes sous une tonalité éloignée de la gravité, quelquefois de façon amusée. « Lorsqu’un fait m’int...

Alain Vuillemet, un voyage à grande échelle

 Ses sculptures monumentales s’inspirent de la Science-fiction, de l’espace. Elles nous propulsent vers un voyage à grande échelle au cœur de la matière pour observer ses potentielles mutations. Les pièces d’ Alain Vuillemet semblent combattre l’inertie et se lisent dans un mouvement, un froissement de matière ; l’inox. « L’inox est un matériau pérenne, important pour des pièces monumentales d’extérieur, et pour ses capacités de jeu avec l’environnement. » La question de l’équilibre et la répartition physique des masses se pose dans la démarche de l’artiste. A la chaudronnerie, s’ajoute la technique des métaux en feuille, la découpe, la soudure, le polissage. Les reprises sont travaillées, les soudures effacées pour contribuer à une présence lissée, massive, synthétisée, épurée. Les sculptures possèdent une valeur abstraite volontaire avec des indices de mutation. Elles se transforment dans un rythme en mouvement, comme une forme organique qui ne saurait opter pour ...

Ange Porté, en extension

Ses œuvres témoignent de la nature, de la terre et du ciel, bercées par les couleurs du temps. Elles sont un Big-Bang fantastique, un témoignage poétique abstrait, en extension...   A l’acrylique, à l’aide de pinceaux et de couteaux, elle peint sur toile des formes qui se déploient et s’ouvrent vers d’autres dimension. Cet état de bouleversement sans repères, témoin de rêveries extraordinaires où les saisons et leurs couleurs sont évoquées comme des événements astronomiques.  « La couleur est primordiale pour apporter un peu de gaieté et d’optimiste à travers mes toiles en cette période morose. »   Les peintures d’ Ange Porté ont ce pouvoir de ravir parce qu’elles se contemplent avec un certain regard qui nous déconnecte d’une réalité souvent accablante et nous nous mènent vers un ailleurs joyeux. Elles s’apparentent à des constellations harmonieuses, parfois tourmentées qui laissent exprimer la surprise picturale. La peintre se laisse toujours conduire par ses...

Chantal Lallemand, toiles sensorielles

Ses toiles ont un volume, une rugosité, une douceur que l’on regarde. Le procédé repose sur un mouvement optique, entre surgissement et disparition qui laisse exprimer la surprise picturale afin de stimuler nos sens.   Son émotion personnelle guide ses premiers gestes, puis la couleur vient préciser le cheminement. Chantal Lallemand tanne avec ses ongles et ses doigts la toile en constituant des arabesques pour créer le fond avant de peindre à l’acrylique avec des ajouts de matières. Peinture pailletée, sable, sucre blanc ou roux, farine, perles de structures différentes participent au relief. Les perles sont superposées et cousues une à une. La toile la plus ornée réunit plus de 35 000 perles. Une création méticuleuse réalisée au bout de sept mois à raison de six à sept heures de travail par jour.   Pour apporter encore plus de profondeur, elle peut déchirer au couteau une partie de sa toile qu’elle reconstituera ensuite. Ses œuvres se construisent selon un mouve...

Frehal, rêveries extraordinaires

Entre ciel et terre, sa mécanique à dominante abstraite joue de la forme et de l’espace pour nous transporter vers une autre dimension laissant surgir le rêve.   « Les toiles réalisées en 2021 sont beaucoup plus colorées que précédemment. C'est le résultat de ces longues journées de solitude et de confinement qui mon donné l'envie de faire autre chose et d'utiliser une technique autour du jaune représentant le soleil dont nous avions tant besoin. »   Autour de trois composantes essentielles ; la couleur, le volume et la composition, le peintre nous entraîne dans le labyrinthe coloré de son imaginaire où l’aspect onirique est de prime abord le plus saisissant. Nous nous laissons ainsi dérouter vers l’interrogation, l’évasion et le rêve. Un monde fantastique où la nature se fond dans le cosmos.   Les portes d’un au-delà magique s’entrouvrent, vers un réel abstrait échappé d’un jardin des délices où les portions terrestres deviennent des corps...